Toxines dans le maïs

Votre maïs a été refusé dans un centre de grain ou à l’usine d’Éthanol GreenField, en raison de son contenu en vomitoxines? Vous n’êtes pas seuls, mais vous n’êtes pas nombreux non plus.

Selon le directeur général de la distillerie de GreenField à Varennes, Jean Roberge, les premières livraisons de maïs de la récolte 2011 avaient effectivement tendance à subir des refus plus souvent qu’en temps normal. Par la suite, la situation s’est stabilisée.

« Nous sommes aux mêmes niveaux qu’en 2009 et 2010, dit Jean Roberge. Ce sont moins de 1 % des lots qui ne classent pas (à la livraison). »

Au CÉROM, le son de cloche est semblable. D’après l’agronome Gilles Tremblay, on aurait pu s’imaginer que des toxines soient plus présentes dans le maïs de 2011, en raison des semis qui se sont échelonnés sur une longue période et des aléas de la météo.

Puisque les semis ont eu lieu à des dates très différentes, il était plus probable que le stade de pollinisation d’une partie du maïs se déroule sous des conditions météorologiques idéales pour l’infection par des moisissures.

Les données du CÉROM pour les toxines dans le maïs en 2011 ne sont pas encore disponibles, mais Gilles Tremblay s’attend à ce qu’elles soient comparables aux années précédentes.

L’an dernier, les toxines ont été beaucoup plus prévalantes qu’à l’habitude dans le sud-ouest de l’Ontario. Au Québec, certaines régions ont été touchées plus que d’autres. Par contre, il n’existe au Québec aucun recensement formel.

À l’usine de Varennes, les chargements de camion sont testés de façon aléatoire. « Quand on refuse un camion, que ce soit pour des toxines, pour des grains cassés ou pour une autre raison, le transporteur ou le fournisseur pose des questions, dit Jean Roberge. Ça fait partie de la routine. Ce sont des gens qui alimentent l’usine depuis six ans et nous avons des relations à long terme avec eux. »

En soi, les toxines ne posent pas problème à la fabrication d’éthanol. Elles ne se retrouvent ni dans l’alcool, ni dans le CO2, mais plutôt dans la drêche, un sous-produit qui servira à l’alimentation animale. « On garantit un niveau maximal de toxines dans notre drêche », dit Jean Roberge.

La majorité des toxines se retrouveront dans la drêche. Puisqu’elle représente environ le tiers du bilan massique, les toxines s’y trouvent plus concentrées que dans le maïs avant sa transformation.

La prévalence des toxines dans le maïs dépend d’une foule de facteurs : sensibilité de l’hybride, date de semis, cultures antérieures, résidus au sol, conditions climatiques et dommages causés par les insectes et les oiseaux.

Alors que le maïs est encore debout, la présence de champignons microscopiques qui provoquent de la moisissure de l’épi est souvent difficile à percevoir. Et quand elle est identifiable, elle ne se traduit pas nécessairement par des niveaux de toxines plus élevés dans le maïs récolté. Les producteurs devraient récolter en premier le maïs affecté et suivre de près leur maïs entreposé, pour l’aérer et le remuer au besoin pendant l’hiver, afin d’éviter que la moisissure s’aggrave dans le silo.

Un article en profondeur sur le problème des toxines dans le maïs sera publié prochainement dans votre Bulletin des agriculteurs.

 

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