Tracé de l’autoroute 30 : manifestation des agriculteurs

Saint-Rémi (Québec), 28 novembre 2003 – Alors que le gouvernement s’entête à maintenir, contre toute logique, le tracé de l’autoroute 30 dans les terres agricoles, plusieurs centaines de producteurs sont venus manifester leur mécontentement devant les bureaux de M. Jean-Marc Fournier, député de Châteauguay et ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir. Denombreux citoyens de Saint-Constant, favorables au tracé urbain, sontégalement venus appuyer les producteurs agricoles.

« Comment peut-on s’imaginer faire passer une autoroute en pleines terresagricoles? C’est un non-sens, surtout lorsqu’il existe une solution évidentede remplacement, parfaitement viable, de dénoncer le président de l’Union desproducteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin. « En s’entêtant dans cettevoie, le gouvernement bafoue les principes mêmes de la Loi sur la protectiondu territoire agricole et donne un signal on ne peut plus clair que,dorénavant, il n’y a pas de mal à gaspiller les bonnes terres cultivables auQuébec! » de s’insurger M. Pellerin, qui n’a pas manqué de souligner que c’estune bien piètre manière de souligner les 25 ans de la Loi.

Le président de la Fédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield, M.Normand Gagnon, fait remarquer que le monde agricole a déjà largementcontribué en permettant au ministère des Transports du Québec (MTQ) d’utiliserson territoire agricole pour le passage de l’autre tronçon de l’autoroute 30,soit celui de Châteauguay /Vaudreuil-Dorion. « Pour le tronçon de 7,7kilomètres entre Candiac et Sainte-Catherine, on a un site alternatif qui nouspermettait de ne passer dans les terres agricoles. Alors pourquoi ne pasl’utiliser, d’autant plus que ce choix était déjà priorisé par l’ Etatquébécois ? de questionner M. Gagnon. « Cela fait quarante ans que le MTQoriente le passage de l’autoroute 30 sur la 132. Il n’aura malheureusementfallu qu’une mauvaise promesse électorale pour tout faire basculer ».

Rappelons que le 6 mars 2003, le gouvernement annonçait par décret leprolongement de l’autoroute 30 sur la route 132. Lors de la dernière campagneélectorale, le député de Châteauguay, M. Jean-Marc Fournier a fait la promessede faire passer l’autoroute 30 sur le tracé Sud dans les terres agricoles. Parconséquent, depuis l’élection du gouvernement libéral, le Ministère destransports du Québec (MTQ) a reçu la commande d’étudier cette nouvellepossibilité.

Dans un avis de la Commission de la protection du territoire agricole duQuébec (CPTAQ) rendu public le 9 octobre 2002, il était mentionné que cesterres agricoles étaient des sols à haut potentiel agricole, soit de classe 2.En passant sur le tracé Sud, 99 hectares de ces terres seraientautomatiquement soustraits. De plus, 364 hectares seraient enclavés entrel’autoroute et la zone urbaine. Un autre volet du projet, à l’est del’autoroute 15, soustraira 61 hectares au territoire agricole. Au total, cesont 514 hectares de terres agricoles qui perdront à moyen terme leur vocationpremière visant à nourrir la population. Avec la pression d’urbanisation dansce secteur, de nombreuses demandes proviendront des municipalités pour changerla vocation des terres agricoles. Selon le rapport du BAPE, les coûts estimésde la construction de l’autoroute 30 sur la route 132 seraient de 178 M$.Pour le tracé Sud, la facture totale s’élèverait à 185 M$. De plus, le BAPEconsidère indissociable la construction d’un boulevard urbain et ses abordssur la route 132 si le tracé Sud était privilégié par le gouvernement. Il y aquelques décennies, le corridor de la route 132 a été exproprié pouraccueillir l’autoroute 30.

Le parachèvement de l’autoroute 30 est un projet attendu depuis troisdécennies dans la région. Depuis longtemps, la Fédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield et ses membres sont préoccupés par sa future localisation.Les producteurs agricoles feront tout ce qui est en leur pouvoir afin deconvaincre le Parti libéral de renoncer à sa promesse électorale. Le tracénord correspond à l’utilisation d’une aire expropriée depuis 20 ans et prévuepour ce type d’affectation. Le développement commercial et économique de l’axe132 s’est d’ailleurs réalisé en tenant compte de l’implantation éventuelled’une infrastructure de cet ordre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ)
http://www.cptaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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