Vache folle : des experts recommandent de bannir toutes les farines animales

Washington (États-Unis), 4 février 2004 – Un groupe d’experts internationaux a recommandé aux autorités américaines d’interdire complètement l’utilisation de farines animales dans l’alimentation des bovins pour lutter contre la maladie de la vache folle, un mois et demi après la découverte d’un premier cas dans le nord-ouest des Etats-Unis.

Pour ces experts nommés fin décembre par les autorités américaines, après la découverte du cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans une exploitation laitière de l’Etat de Washington (nord-ouest) « l’embargo partiel (de ruminant à ruminant) actuellement en place n’est pas suffisant », estiment-ils dans un rapport.

Après la crise de la vache folle en Europe, les Etats-Unis ont interdit en 1997 l’utilisation de farines animales issues de bovins dans l’alimentation des bovins. En revanche l’utilisation de farines animales issues de poulets par exemple est toujours possible.

Le groupe d’experts « recommande que l’actuel embargo soit étendu et exclut toutes les protéines issues de mammifères et de volailles de toute alimentation des ruminants » car il s’inquiète de possibles « contaminations croisées ».

Il suggère également « de tester tout le bétail âgé de plus de 30 mois » faisant partie des « populations à risque ». Ces populations à risque incluent les animaux morts sur l’exploitation agricole ou pendant le transport vers l’abattoir, les bovins trop malades pour marcher jusqu’à l’abattoir et ceux de plus de 30 mois abattus en urgence.

En revanche les auteurs du rapport considèrent que « tester tout le bétail abattu pour la consommation humaine n’est pas justifié pour protéger la santé humaine et animale ».

Les experts encouragent également « la mise en oeuvre d’un système d’identification national ». L’industrie de la viande américaine s’oppose vivement à la mise en place d’un étiquetage obligatoire des bovins, permettant de tracer un animal de sa naissance aux rayons des boucheries, qu’elle juge trop coûteux.

Après la crise de la vache folle dans les années 1990, l’Union européenne a mis un place un système d’étiquetage et a fortement augmenté les tests permettant de détecter l’ESB.

De manière générale, les experts internationaux jugent « probable » que le premier cas de vache folle ne soit pas unique aux Etats-Unis, et que « d’autres animaux infectés aient été importés du Canada ou peut-être d’Europe ».

« Ces animaux n’ont pas été détectés et donc de la matière infectée a probablement été traitée, a été donnée comme aliment à du bétail », accroissant le risque d’extension de la contamination, ont-ils ajouté.

Le fait que l’animal détecté en décembre ait été importé du Canada ne diminue pas le risque pour les Etats-Unis selon les experts, en raison de l’intégration des marchés américain et canadien de viande bovine.

« Le premier cas d’ESB aux Etats-Unis ne peut être considéré isolément de la filière viande en Amérique du Nord », soulignent le rapport qui appelle à une collaboration étroite entre les deux pays.

Depuis la découverte du premier cas de vache folle aux Etats-Unis, une trentaine de pays ont décrété un embargo sur les importations de viande de boeuf américain, dont ses principaux clients, le Japon et le Mexique.

Les autorités américaines ont appelé ces pays à lever rapidement leur embargo, affirmant que le « boeuf américain est sain ».

Mais selon les experts, ces déclarations « ne doivent pas entraîner une diminution des efforts pour éliminer ou réduire les risques, car en réalité le boeuf est sain EN RAISON (en gras dans le rapport) des mesures prises pour réduire les risques ».

Source : AFP

Commentaires