Cap sur la lutte intégrée

Le 10 juillet dernier, le Pôle d’excellence en lutte intégrée, lié au CLD des Jardins de Napierville, organisait une journée portes ouvertes sur des fermes, en Montérégie, qui pratiquent la lutte intégrée. Une occasion pour plusieurs de découvrir les avancées dans le domaine. Une visite à la Ferme Delfland, pionnière en lutte intégrée, a permis de découvrir le capteur de spores et le relâchement de mouches stériles, deux méthodes utilisées dans la culture d’oignons.

 

Capteurs de spores

capteurLe capteur de spores, comme son nom l’indique, capte les spores dans l’air. Installé en bordure d’un champ, il agit tel un système d’avertissement permettant de détecter une maladie avant que les symptômes n’apparaissent dans le sol. Auparavant, les producteurs attendaient de voir des tâches dans le champ, maintenant aussitôt que des spores sont captées, des traitements sont recommandés. Le capteur permet ainsi de vérifier l’efficacité des fongicides appliqués et aide à évaluer la régie des producteurs. Le capteur peut prévenir le fusarium, le blanc, le mildiou notamment. Les données ainsi captées sont analysées à l’aide de bâtonnets en laboratoire. En 2 h, il est possible d’analyser les données de 20 capteurs. Ceux-ci sont au coût de 1600 $/an/capteur/producteur.

 

Mouches stériles

encore mouchesSans contrôle, la mouche de l’oignon, principal ravageur de cette culture, peut détruire une récolte. Pour baisser la population de mouches, des mâles stériles sont relâchés au champ. On veut que ces derniers s’accouplent aux mouches, ainsi les œufs qui en découlent sont également stériles. Les mouches stériles arrivent d’un laboratoire dans des glacières. Elles sont ensuite relâchées d’un bout à l’autre du champ, soit en marchant ou en tracteur. Entre 25 000 et 60 000 mouches sont relâchées par semaine, par hectare. Cette opération est effectuée préférablement dans les endroits les plus à risque, soit en bordure des boisés ou près des haies brise-vent. Bien qu’il en coûte le double d’un traitement, une dizaine de producteurs utilisent cette méthode en Montérégie.

Pyrodésherbage

pyroPour éliminer les mauvaises herbes dans les cultures, le pyrodésherbage peut être utilisé. Au passage du désherbeur, la plante reçoit un tel choc thermique que ses parois cellulaires se désagrègent. Cette méthode fonctionne bien avec les mauvaises herbes à feuilles très larges et les annuelles dans les cultures de carottes et de betteraves en préémergence notamment. Quant aux plantes pérennes et les graminées, la méthode fonctionne, mais un peu moins bien. Pour mettre toutes les chances de son côté, on peut procéder à un faux semis avant. La clé du succès est le timing, il faut aller voir souvent au champ pour connaître le stade de développement de la semence. Il y a une fenêtre de 5 à 10 jours seulement pour effectuer cette opération, il ne faut pas la manquer ! Coût : 50 $/ha.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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