De bonne heure sur le piton

Me voilà électricien.

Le chantier de récolte du blé avance lentement entre deux petites averses ici et là. Avec la quantité de matériel à récolter « Gertrude en a plein son casque! » Ce n’est pas dans le blé qu’on peut réussir des records d’hectares récoltés à l’heure. Il faut tenir le temps! Pas question d’attendre que la récolte sèche d’elle-même au champ. Ça nous ferait perdre des journées précieuses de récolte pour nous diriger vers des problèmes de qualité si la récolte traine trop aux champs. Le séchoir qui fonctionne à basse température afin de préserver la qualité de la semence tourne jour et nuit. Beaucoup d’air et un tout petit peu de chaleur tout juste en bas de 35 degrés Celsius. On est de bonne heure sur le piton.

Le séchoir ronronne pendant que je déjeune et que je visualise ma journée au quart de tour. Tournée du séchoir et ensuite préparation du pick-up afin d’aller ravitailler Gertrude en boisson énergisante. J’y vais le plus tôt possible pour bien inspecter et surtout voir si Gertrude n’a pas un tour de rein .  J’arrive pour démarrer le pick-up……..Niet pas de batterie. Sort le chargeur, il ne se passe rien. Vérifie les cellules, ajoute un peu d’eau et je remets sur la charge. Vérifie la capacité de charge : faible. J’inspecte mes batteries en inventaire. Elles sont trop grosses, pas de place pour les installer. Sept heures ……les magasins ouvrent à huit.  

Frérot arrive du séchoir et me signale que le moteur de l’élévateur #3 ne démarre pas.  J’ai une heure de libre avant de pouvoir aller chercher ma batterie. Je vérifie le piton de contrôle.  On sort nos talents d’électricien. Sort mon kit de testeur, pour réaliser que le courant ne se rend pas au contacteur. Bizarre! J’investigue en amont et voilà le problème. Coupe-circuit qui ne clenche plus. J’en ai quelques-uns en inventaire c’est une affaire de rien. Change le coupe-circuit et on vérifie. OK, pèse sur le piton! MD MD on a un second problème. Le moteur de l’élévateur #3 grogne.

Oh. J’espère que ce n’est pas le moteur…. À 85 pieds dans les airs. Peut-être condensateur? Charge le gros sac d’outils, le câble de nylon au cas ou on aurait besoin de pièces additionnelles en haut. Ah oui ma pince à dénuder les fils pour 2-3 connecteurs pour pouvoir réparer en un seul voyage. Me voilà en haut. Évidemment, les boulons du couvert sont collés. Je parviens à tout ouvrir dans l’espoir que le problème arrive vraiment des condensateurs sinon ça implique un remplacement de moteur qui va nous couter l’avant-midi au complet.

Eurêka! Le terminal du condensateur est complètement corrodé. Content d’avoir pensé à tout. J’appelle frérot. « Enwouèye » pèse sur le piton! Yess! Bingo! Fiou! soulagé je ne perdrai pas ma journée. On referme . Descends en trombe et direction magasin pour ramasser ma batterie. La broue dans le touppette les cheveux mouillés j’arrive finalement à mon objectif de départ avec 2 heures de retard. Tournée rapide, graissage vérification des niveaux d’huile. Nous voilà repartit. Avec tout l’équipement qui roule en même temps c’est fou comme un simple bris de piton peu nous changer un début de journée. Raison de plus pour être de bonne heure sur le piton!

Profession agriculteur

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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