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La paille : vendre ou ne pas vendre?

Comment tu vends ta paille? J’ai entendu qu’un tel paie tel prix. Intéressant. Par contre, il paraît que c’est parfois long pour le ramassage. Il y a un tel qui paie un peu moins cher, mais il ramasse plus rapidement. Idéal pour dégager le trèfle le plus vite possible ou pour semer un bon couvert multiespèces.

Eh, j’y pense là, est-ce que je suis comme un chien fou qui court après sa queue? Je veux vendre ma précieuse paille avec un excellent c/n. Le produit idéal pour avoir un bilan humique positif et maintenir, voire même améliorer, la matière organique. Vendre ma paille et faire 90 km pour transporter du fumier. Payer souvent plus de 70 $/ha pour réussir un couvert qui va m’apporter tout juste trois tonnes peut-être quatre de matière sèche avec un rapport c/n de 30, alors que j’ai déjà dans le champ deux tonnes de paille avec un c/n quatre fois plus élevé. J’avais déjà évalué les prélèvements: 1,7 kg/t de P et 14 kg de K. Ça se calcule bien, mais comment ça vaut de la matière organique? De la nourriture pour les vers de terre? Un bilan humique positif? Comment ça vaut? Plus compliqué qu’une simple évaluation de qui paie quoi.

On a longtemps inclus la vente de la paille dans nos budgets. Ça vitamine nos performances économiques. Sûrement à court terme, mais à long terme, vraiment pas certain! Et pour se donner bonne conscience, on a fait un exercice mathématique qui nous donne un objectif de 110 $/t pour un résultat positif. Mais plus on avance au niveau des non-dits des non mesurables, plus on commence à douter de notre propre calcul. On fauche haut, c’est plus facile pour Gertrude. On vend un petit pourcentage de paille aux clients sérieux, le reste est épandu aux champs. Même si on ne la vend pas entièrement, on l’évalue quand même dans nos budgets. Ça nous donne un revenu théorique, mais notre sol saura sûrement bien nous le rendre.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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