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On brise les paradigmes un à un face au blé d’hiver

La récolte du blé d’hiver tire à sa fin. Je crois qu’en général, les agriculteurs qui en ont produit cette année sont contents des résultats. Dire qu’il y a trois ans quand on a commencé à parler d’objectif de rendement de 10 000 kg par hectare, ça paraissait un peu ésotérique. Cette année, j’ai remarqué qu’il y avait de plus en plus d’agriculteurs qui confirmaient des pesées aux champs dans la zone 7-8 tonnes par hectare et même quelques-unes dans la zone 9 t/ha. Les gens y croient! Je sens qu’on a le momentum! Comme en sport quand une équipe commence à croire à leur invincibilité, on oublie rapidement les petites chicanes d’ego et on se concentre en groupe vers l’objectif ultime de la victoire.

De notre côté, on brise les paradigmes un à un face à cette culture. Les rendements sont là, les bénéfices pour notre rotation sont évidents. Certains prétendent qu’il n’y a pas de marché. Pourtant, moi je me souviens d’un temps où il n’y avait pas de marché pour le soya! Certains prétendent que le blé d’hiver ne résiste pas au froid. Pourtant, l’hiver dernier, on a eu toute une période entre -28  oC et 33  oC. On peut très bien travailler au froid quand on a les pieds au sec dans nos bottes. Peut-être que le blé d’hiver doit tout simplement avoir les pieds au sec. Sol bien ressuyé, racines bien établies, clôture à neige végétale.

Bien sûr qu’on aura de moins belles réussites, mais je me concentre sur l’objectif ultime. Je dois changer mon système de culture, implanter des cultures de plus courtes saisons pour me donner l’opportunité d’établir ma clôture végétale. Nous venons tout juste de terminer la récolte que nous voilà déjà en train de semer notre clôture végétale de lin pour préparer notre réussite 2019. Ah oui, dernier paradigme : certains prétendent que pour réussir du blé d’hiver, on passe toutes nos journées d’été dans le champ. Euh, c’est un peu vrai, mais c’est ça ma profession! Agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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