Nouvelle récolte record pour le maïs au Québec !? Et les prix…

On y est! Ce sont les derniers milles de la saison 2017 qui tire à sa fin avec la récolte du maïs. Le mot d’ordre : au Québec, les rendements en maïs sont jusqu’ici surprenants! Certains vont même jusqu’à croire que la récolte de cette année « pourrait » dépasser celle de l’an dernier.

Basé sur des superficies récoltées pour le Québec à 377 000 hectares avec un rendement moyen québécois de 9,8 tonnes/ha, Statistique Canada prévoit jusqu’ici une récolte de 3,69 millions de tonnes. Par comparaison, l’an dernier nous étions à 359 000 hectares avec un rendement moyen record de 10,6 tonnes/ha pour une récolte de 3,79 millions de tonnes.

Par contre, si on se fit aux données recueillies par la Tournée des Grandes Cultures en septembre dernier, le rendement moyen potentiel maximum* était de 11,79 tonnes/ha pour la Montérégie et 11,07 tonnes/ha pour le Centre-du-Québec. Par comparaison, l’an dernier, les chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec étaient de 11,07 tonnes/ha pour la Montérégie et de 10,1 tonnes/ha pour le Centre-du-Québec.

Basé sur ces informations, on peut donc envisager que la récolte de l’ensemble du Québec pour cette année pourrait très bien dépasser le volume de l’an dernier pour avoisiner 3,9-4,0 millions de tonnes. (377 000 ha X par 10,34 à 10,6 tonnes/ha), et peut-être même plus. La dernière fois que nous aurions eu une récolte aussi importante remonte il y a 10 ans, où la récolte 2007 de maïs au Québec avait atteint un sommet de 4,1 millions de tonnes.

Bien entendu, ceci n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour le prix du maïs au Québec qui risque fort d’éprouver plus de difficulté à gagner du terrain dans les prochains mois. Et dire que déjà, dans la dernière année, nous avons eu toutes les misères du monde à voir le prix du maïs au Québec dépasser 200-205 $ la tonne. Pas très encourageant…

Par contre, il y a toujours matière à tirer son épingle du jeu, pour autant qu’on change un peu nos approches commerciales.

Si on jette un coup d’œil à ce qui s’est passé en 2007, l’année record de production de maïs pour le Québec, on constate que c’est surtout à partir de l’été que les prix ont éprouvé davantage de difficultés. En temps normal, nous assistons à une appréciation des « bases » à partir des mois de mai/juin. Ce ne fut pas le cas en 2007, alors qu’elles ont plutôt plongé.

Côté stratégie de vente, deux choses :

1 – Ceux qui ont pour habitude d’entreposer longtemps leur maïs devraient se montrer plus prudents. S’il est vrai que généralement, nous pouvons profiter de bonnes opportunités de vente dans les semaines précédant la récolte, ce pourrait être plus risqué cette année, pour les mois d’août et septembre 2018 prochains.

2 – Ceux qui travaillent davantage leurs « bases » pour maximiser leur prix de vente devraient songer à ne pas trop tarder avant de saisir de 1res offres de base intéressantes pour livraison à partir de l’été prochain.

Enfin, j’ajouterai que s’il est vrai que les marchés boursiers peuvent toujours nous surprendre pour propulser davantage que l’an dernier le prix du maïs, il demeure sage de ne pas trop miser sur une trop forte appréciation à Chicago avant d’initier de 1res ventes. En réalité, avec plus de stocks de maïs au Québec pour les prochains mois, les acheteurs devraient plus rapidement se refermer advenant que les prix s’emballent trop fortement à Chicago.

* On parle bien ici du rendement moyen « potentiel maximum », et non du rendement moyen prévu. La différence est importante. L’un sous-entend que dans des conditions idéales, le maïs a la capacité d’atteindre un tel rendement. Le second propose une évaluation de ce que devrait être le rendement réel. On peut voir le rendement moyen potentiel maximum comme un point de départ à partir duquel le rendement s’établira sous ce niveau selon les conditions météo. Cette année, nous avons eu un automne remarquable, nous devrions donc « tendre » davantage vers le rendement moyen potentiel maximum, sans pour autant qu’il soit atteint bien entendu.

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