« Top shape » mon sol!

Je me souviens quand on a drainé cette section : décembre 1980 sur la gelée. À l’époque, les saisons étaient longues et les équipes de drainages tournaient à plein régime, soit au rythme des subventions attribuées au drainage souterrain. On était soulagé qu’elle soit enfin drainée pour espérer de meilleurs rendements à l’avenir.

On a observé des gains immédiatement, mais au fil des années, on est devenus plus exigeants. On sentait qu’on pouvait faire mieux avec cet ancien clos à vaches. Nivellement, avaloirs, semis direct, rotations, tout ça pour aider à la structure du sol. Enfin notre sol est sur la coche! « Top shape »! Euhhhh… pas tout à fait. En fait, plus on resserre nos observations, plus on trouve de petits bobos ici et là, dont certaines zones qui se comportent bizarrement.

On revisite le plan de drainage et le plaisir commence! On se dit toujours qu’après avoir trouvé le premier drain, les autres seront faciles à trouver parce qu’en principe, ils sont tous à la même distance les uns des autres. Mais quand ça varie de 5 m à certains endroits, on se demande si l’arpenteur avait eu de la difficulté à planter son piquet ou si l’opérateur de la draineuse avait commencé à fêter Noël un peu avant son temps. On a même trouvé un drain qui démarrait 10 m plus loin que le collecteur!

On en profite pour tout localiser et bien sûr géopositionner tous nos bras et collecteurs avec le GPS pour une prochaine visite. Quand même surpris de la propreté des tuyaux, pratiquement pas de terre après 37 ans. On resserre les drains sur une partie toujours plus capricieuse. On aura certainement une bonne amélioration, mais mon sol ne sera pas « top shape », parce qu’on pourra toujours faire mieux, moi et ceux qui me succéderont sur cette terre. Ça fait partie de ma profession : agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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