Bilan sur 2019 et regard vers l’avenir

La journée Agri-vision a permis de jeter un premier coup d'oeil sur l'année 2019

Une centaine de personnes s’était réunie à Saint-Hyacinthe pour assister à une journée sur les grandes cultures organisée par le MAPAQ et la Fondation Agria.

Une des conférences les plus attendues de la journée était sans doute le résumé de l’année 2019 pour la culture du maïs. Malgré que la saison ne soit pas terminée, il est possible de faire quelques observations. Selon Gilles Tremblay, agronome au MAPAQ, chacune des principales étapes de croissance du maïs a présenté des défis cette année.  Les conditions ont été plus que difficiles, a résumé l’agronome. Les semis ont été tardifs, tout comme la maturité des grains. Le mois de septembre a été normal alors qu’il aurait fallu qu’il suive la tendance des dernières années et soit plus chaud. Il a été suivi par un gel mortel le 5 octobre, une tempête le 1er novembre et une tempête de neige le 15 novembre, sans oublier les difficultés d’approvisionnement en propane.

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La saison 2019 accuse un manque à gagner de 138 UTM, chiffre qui a grimpé jusqu’à 360 pour le sud-ouest de la province. Les semis étaient complétés à 45% à la fin mai et la maturation s’est produite à la fin septembre pour 35% des champs. La maturation tardive a mené à un poids spécifique plus faible en moyenne. Selon les essais faits en parcelles avec des hybrides 2700 à 2900, la date de semis a eu peu d’impacts sur le rendement puisque le retard a été comblé en partie durant la saison. La verse a davantage été causée par les grands vents que la chrysolmèle.

La différence dans les UTM a causé le plus de problèmes, ce qui fait dire à l’agronome que la maturité physiologique est associée à un meilleur poids spécifique. M.Tremblay a conclu en disant qu’il aurait été difficile de faire mieux en 2019 en raison de toutes les conditions adverses vécues par les producteurs et qui se sont succédé tout au long de l’année. « Le retard du début de saison n’a jamais été récupéré ». « Il ne faut pas seulement se fier sur 2019 pour prendre des décisions pour 2020 », a dit l’agronome, ajoutant qu’il fallait prendre en considération les spécificités de chaque champ.

Du côté du soya, les conditions de départ ont été semblables à celles du maïs avec un semis tardif. La chrysomèle du haricot a fait quelques dommages tandis que les pucerons ont été rares. Les insectes ont d’ailleurs été rares, tout comme les maladies. On croyait avoir répété l’année 2018 avec une absence de sclérotinia mais la maladie a fait son apparition de manière tardive en raison du mercure plus frais en août et septembre. L’impact a toutefois été moindre en raison de son apparition tardive à R6 sur un plant mature. Pour éviter la présence des champignons, il faut mettre en place une bonne régie : rotation, choix des variétés, espacement entre les plants, etc.

Guy Forand, agronome et fondateur de Belisle, a poursuivi sur le sujet du choix des espèces fourragères en vue de l’autonomie à la ferme. Il a relevé plusieurs points liés à son observation sur le terrain : la nature de ruminent des vaches et la santé du rumen amène à prioriser les plantes fourragères, tandis qu’une plus grande production à la ferme va de pair avec un meilleur entreposage et un bon choix de mélange. Les producteurs laitiers ont le potentiel selon lui d’augmenter considérablement la matière sèche récoltée, potentiel qui serait de 8 à 12 tonnes alors que les meilleurs récoltent en ce moment 5 tonnes.

M.Forand ne recommande plus le brome inerme et la fléole des champs. Les semences enrobées (trop chères) et les champs de luzerne pure (survie à l’hiver) ne figurent pas non plus dans ses recommandations. Une bonne prairie passe par un mélange de graminées et de légumineuses, un bon contrôle des mauvaises herbes à l’implantation et un bon semis avec la machinerie adéquate. Par ailleurs, les essais à la ferme ont démontré la synergie très forte entre l’herbe soudant et la luzerne.

Le maïs a-t-il encore besoin d’azote ? La réponse est oui, selon Gilles Tremblay qui a mené des recherches de 1999 à 2017. Selon les résultats obtenus sur 344 essais, les besoins en azote des hybrides pour produire des grains a diminué de 30% tandis que le rendement s’est amélioré de 165 kg par hectare au Québec. L’impact de l’azote ne se reflète pas tant sur la teneur en eau que sur le poids spécifique du grain. Le semis direct est la meilleure option pour optimiser l’azote dans le sol puisque le sol retient 50% plus d’eau avec ce type de travail au sol.

La seconde partie de ce résumé de la journée Agri-vision portera sur les changements climatiques en Montérégie, le maïs aux 60 pouces, la gestion écologiques des ennemis des cultures et de la présence dans les champs de l’amarante tuberculée.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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