C’est le temps de prendre du temps

La fin de saison 2020 est pour plusieurs aux antipodes de celle de 2019. Le temps clément en général durant les récoltes a permis de terminer dans des conditions convenables et même agréables. Plusieurs jouissent maintenant d’un luxe plutôt rare en agriculture, soit du temps. Certains en profiteront pour compléter les travaux extérieurs, effectuer quelques réparations, ou tout simplement savourer le répit.

Sinon, voici quelques conseils sur la manière de profiter de ce temps. Avec décembre qui arrive et les escomptes d’achats de semences pour l’année prochaine, l’agronome Annie Desrosiers de Pioneer propose de se pencher sur les résultats de cette année pour réfléchir à ses choix, “pendant que c’est encore frais dans notre tête”.

“C’est le temps de s’asseoir et analyser les données. On a la chance d’avoir un mois de plus que d’habitude pour prendre les décisions au lieu de se garocher“. Mme Desrosiers avance qu’il faut cependant faire preuve de réserve en analysant les résultats de 2020. La grande variabilité dans les champs cette année pourrait fausser les données. Il faut reprendre les données de rendement et les analyser champ par champ, tout en tenant compte de l’historique de ces derniers. Le mieux est encore de noter ces observations en été quand “les plants parlent”, ce qui n’est plus possible de faire en automne.

Guillaume Doré, directeur pour le Québec chez Sevita, recommande même d’écarter les données pour le soya en 2020 dans l’analyse. “Les rendements par rapport à la maturité ont été affectés par le gel”, note-t-il. Le spécialiste du soya recommande de ne pas écarter pour autant les variétés tardives pour l’année prochaine, en raison du gel de cette année. “Il y a des 2700 qui ont bien fait “, fait-il remarquer. Tout est une question par contre de gestion du risque et de l’exposition à laquelle le producteur est prêt à s’exposer.

Travaux dans les champs et ailleurs

Si le temps clément persiste, ce pourrait être aussi l’occasion de mener à terme des travaux d’entretien. Annie Desrosiers pense entre autres au nettoyage des bords et des fossés eux-mêmes. L’entretien des terres à bois est aussi une option. Ce n’est pas le temps par contre de débuter des travaux qui nécessitent une longue planification, tel que le drainage. C’est cependant une bonne idée pendant que les sols ne sont pas encore gelés d’effectuer des profils de sol pour vérifier si la compaction est présente et prendre les décisions en conséquence.

Guillaume Doré propose quant à lui d’aller de l’avant avec les travaux permettant d’apporter des corrections aux champs, surtout que la fin de saison en 2019 a mené à des problèmes au printemps 2020. L’automne est un moment propice à ce genre d’intervention, surtout que selon les régions, les conditions semblent bonnes et exclues d’une humidité extrême. “Toute correction de sol si nécessaire, comme le nivelage, est bonne.”

L’important est d’éviter la compaction ou encore de travailler à l’extrême le sol. “Le sous-solage n’est peut-être pas la meilleure technique puisque la plante va devoir venir prendre la place laissée par le trou et les particules de sol en surface vont aussi s’y retrouver”.

Finir la saison en beauté

Annie Desrosiers propose aussi d’effectuer le nettoyage de la machinerie avant de l’entreposer et de faire les entretiens nécessaires pour partir du bon pied au printemps prochain. Trop souvent, les travaux demandent un rythme effréné  en début de saison et le temps est précieux.” C’est toujours mieux de pouvoir débuter au printemps avec une machinerie qui est en ordre”.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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