Chrysomèles et compagnie dans les champs

Un tour de champ est de mise pour détecter la présence de certains ravageurs

On aperçoit sous la feuille des pucerons noirs parasités par une petite guêpe.

Le Réseau d'avertissement phytosanitaire (RAP) et certains agronomes signalent la présence de certains prédateurs dans les champs de grandes cultures. Dans la plupart des cas, il n'y a pas lieu de s’inquiéter puisque les quantités d'insectes détectées ne sont pas importantes. La vigilance est plutôt de mise. Ailleurs, une certaine mise en garde est lancée afin de faire de la détection.

C'est le cas de l'agronome Stéphane Myre de Bayer qui indique avoir observé des larves de chrysomèle du maïs dans des proportions allant d'importantes à très importantes. Les cas se situent en Estrie et on été aperçu la semaine dernière sur les racines des plants de maïs. L'agronome indique que la période actuelle est adéquate pour dépister le ravageur puisque les larves seront visibles ainsi que les dommages aux racines nodales et d'ancrage. Ces dernières devraient être partiellement ou très sévèrement détruites.

Photo: Stéphane Myre
Photo: Stéphane Myre

Stéphane Myre recommande de suivre de près certains champs, surtout ceux en deuxième année de maïs et dans le cas de sols à texture lourde de type loam, loam argileux et argile puisque les chrysomèles adultes femelle ne pondent pas leurs œufs dans les sols très sableux.

Le RAP a également fait un bilan sur la situation de quelques ravageurs. Les pucerons dans le soya ont été détectés en Montérégie et au centre-du-Québec, parfois de manière importante dans certains champs. Pour les 33 champs qui ont pu être dépistés cette semaine, la moyenne de pucerons par plant (pp) pour la province est de 62. Les populations les plus élevées ont été retrouvées en Montérégie dans les municipalités de La Présentation (249 pp), Rivière-Beaudette (962 pp) et Saint-Anicet (350 pp).

Présentement, le stade physiologique du soya varie du stade végétatif à R3. Jusqu’au stade R5, le soya peut subir des pertes de rendement si "le seuil d’alerte de 250 pucerons par plant est atteint ET que la population de pucerons est en augmentation". Encore ici, il faut dépister en comptant le nombre moyen de pucerons par plant et l’abondance des ennemis naturels tous les 3 à 7 jours pour suivre l’évolution des populations de pucerons avant de décider d'intervenir. Une fiche d'information sur les ennemis naturels du puceron et est également disponible.

Avec la hausse de l'humidité, il faut également mettre à l'agenda la surveillance la pourriture à sclérotes dans le champ. Les dépistages faits pour le moment n'ont pas montré qu'un seul cas. Le RAP souligne que " l’infection causant la pourriture à sclérotes chez le soya se fait principalement au moment de la floraison de la culture et c'est à ce stade que la maladie fait le plus de dommages."

Le ver gris-occidental du haricot fait aussi l'objet d'une surveillance. Au Québec, une centaine de pièges destinés à capturer des papillons du ver-gris occidental des haricots (VGOH) ont été installés pour suivre l’évolution du ravageur et déterminer sa distribution. Les premiers papillons ont été capturés entre le 21 juin et le 6 juillet, à 12 emplacements situés en Estrie, en Montérégie, au Centre-du-Québec, en Outaouais, en Chaudière-Appalaches et dans la région de Lanaudière mais en quantité très faible. Les champs à risque sotn ceux situés dans des zones sableuses, qui ont déjà subi des dommages par le passé et qui présentent une croissance inégale des plants.

La cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne ne cause pas d'inquiétude pour le moment avec des populations faibles. Lanaudière, Montérégie-Ouest et l'Estrie affiche les populations les plus élevées. Parmi ces sites, les deux suivis en Montérégie–Ouest (Saint-Alexandre et Saint-Anicet) et les deux dans Lanaudière (L’Épiphanie et Saint-Roch-Ouest) ont atteint les seuils d’intervention. Un site dépisté en dehors du réseau, situé à Compton en Estrie, a aussi atteint le seuil d’intervention et dans ce site, les symptômes de jaunisse sont bien visibles. En raison des dommages possibles "le rendement et la qualité du fourrage, un dépistage est recommandé, en particulier dans les luzernières en implantation, et ce, avant l’apparition des symptômes. Le suivi pourrait être nécessaire jusqu’à la mi-août, moment où les cicadelles sont moins actives", ajoute le RAP.

Toutes les informations liées aux avertissements du RAP sont disponibles ici.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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