Des cas sporadiques de mycotoxines dans le maïs-grain

Chaque acheteur de grain semble avoir sa propre politique à l’égard du grain contaminé

À la surprise de plusieurs, une partie de la récolte québécoise de maïs-grain s’avère contaminée par des mycotoxines. «Je dirais qu’un voyage sur 10 dépasse le seuil des 2 ppm», rapporte Bruno Simard, directeur du service des grains à la Coop des Montérégiennes. Les conditions chaudes et sèches de l’été semblaient pourtant écarter toute menace de contamination. «On ne s’attendait vraiment pas à ça, lance-il. Au départ, on ne la testait même pas!»

«La contamination frappe de façon sporadique, constate Jacques Boutin, agent de commercialisation chez Nova Grain Inc., à Saint-Jean-sur-Richelieu. Un producteur peut en avoir et pas son voisin.» «Le producteur qui en a, en a, enchaîne Bruno Simard. Les niveaux de vomitoxine varient en général entre 3 et 7 ppm.»

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Chaque acheteur de grain semble avoir sa propre politique à l’égard du grain contaminé. «On escompte le grain de cinq dollars pour chaque ppm au-dessus des 2 ppm, indique ce dernier. On isole le grain contaminé et on essaie de trouver des utilisateurs finaux moins exigeants. Certains, par exemple, utilisent des anti-toxines, mais ils escomptent le prix.»

Du côté de Nova Grains, on procède au cas par cas. On perçoit dans les propos de Jacques Boutin une volonté d’accommoder le producteur. «On ne refuse pas de grain au séchage, dit-il. Mais si l’analyse sort à 15 ppm quatre fois de suite, on devra chercher une solution avec le producteur…»

Les deux acheteurs signalent que les utilisateurs finaux du grain comme les meuneries se montrent de plus en plus exigeants à l’égard des toxines. «Il y a dix ans, on n’entendait presque pas parler de toxines, affirme Jacques Boutin. De plus en plus de clients demandent un taux de vomitoxine inférieur à 2 ppm. Comme industrie, on va devoir se pencher sérieusement sur cette problématique-là et s’y adapter.»

Aussi appelée DON, la vomitoxine est la principale mycotoxine dans le maïs. La sensibilité aux mycotoxines varie selon l’espèce animale. Parmi les principales espèces, ce sont les porcs, et plus spécifiquement les truies, qui y sont les plus sensibles. Les toxines peuvent notamment causer des problèmes de reproduction. «Dans le réseau Coop, indique Bruno Simard, le seuil est de 1,0 ppm pour les truies et de 1,5 ppm pour la volaille.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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