Des gaz à effet de serre dans les champs ?

Les émissions de gaz à effet de serre en agriculture sont généralement associées aux émanations de méthane par le bétail. Mais qu’en est-il des pratiques d’irrigation et de drainage? C’est ce que l’équipe de Dr. Chandra Madramootoo de l’Université McGill tentera de déterminer grâce à une série de prélèvements et d’analyses réalisés dans des champs de cultures en Montérégie.

Une quinzaine de scientifiques de la Faculté d’Agriculture et de Sciences environnementales de McGill arpentent actuellement les champs de différentes cultures (maïs, canneberges, légumes divers). Les chercheurs s’intéressent aux champs irrigués de façon souterraine, aux cultures arrosées par des canons (spinklers) et aux systèmes d’irrigation goutte à goutte. Ils bénéficient du Programme de lutte contre les gaz à effet de serre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

L’équipe de Dr. Madramootoo serait la première à réaliser une étude sérieuse sur le rôle des techniques d’irrigation dans l’émission de gaz à effet de serre. Elle souhaite mesurer les impacts de ces pratiques sur les émissions d’oxyde d’azote (NO2), un gaz notamment formé en conditions anaérobiques (en absence d’oxygène) lorsque les sols sont gorgés d’eau. La présence d’autres gaz à effet de serre (CH3 – méthane et CO2 – dioxyde de carbone) sera également mesurée au sol. Ultimement, les recherches de ce type tentent d’identifier les meilleures pratiques qui maximisent la séquestration du carbone dans le sol.

Les données recueillies tiendront également compte de la température du sol et de l’air ambiant car la chaleur favorise la formation des gaz. Le type de sol est également un paramètre d’importance qui pourrait avoir un effet sur la formation de certains gaz.

Les techniques de fertilisation, lesquelles permettent un apport en azote, seront également scrutées afin d’identifier dans quelles conditions les émissions sont réduites au maximum.

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