Diminution de 28% des ventes de pesticides en milieu agricole

Selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), les ventes de pesticides ont chuté d’une manière “jamais observée auparavant”. Pour l’année 2018, les ventes totales ont diminué de 27,5% en un an, peut-on lire dans le “Bilan des ventes de pesticides au Québec pour l’année 2018“. Les auteurs du bilan attribuent la baisse aux justifications agronomiques, une mesures implantée la même année.

En 2018, les ventes totales déclarées de pesticides au Québec se chiffrent à 3 511 060 kilogrammes d’ingrédients actifs (i.a.), dont 2887 kg de néonicotinoïdes enrobant les semences. En excluant les néonicotinoïdes, ces chiffres représentent une diminution des ventes de 14,7 % par rapport aux ventes de 3 508 173 kg i.a. en 2017 et une diminution de 13,0 % par rapport aux ventes de 1992.

Source: MELCC

Un pourcentage de 69% des ventes provient du milieu agricole (2 436 582 kg i.a.). Le ministère a utilisé les données de 2017 en excluant les semences enrobées puisque ces données n’étaient pas comptabilisées. Cette baisse est due à la diminution des ventes de glyphosate, d’huiles minérales et d’atrazine.

Les déclarations des ventes de glyphosate ont diminué de 39 % (943 376 kg i.a. vendus). Le bilan indique cependant “qu’aucun signal sur le terrain ne témoigne d’une telle diminution de son utilisation”. Une baisse de 58,7 % est également observée pour les ventes d’atrazine par rapport à 2017 (57 206 kg i.a. vendus par les grossistes).

Source: MELCC

Le ministère relie la mise en place de la justification agronomique comme étant un des éléments ayant contribué à la baisse.

Les herbicides de remplacement potentiels à l’atrazine n’ont pas connu de popularité en réaction aux nouvelles mesures. Elles ont même enregistré une baisse de l’ordre de 34 000 kg i.a. entre 2017 et 2018. Par contre, le ministère estime que “plusieurs années seront nécessaires pour statuer si un changement de pratiques agricoles est réellement amorcé”.

L’indice de pression (quantité d’ingrédients actifs par hectare), qui reflète les ventes totales de pesticides en milieu agricole, a diminué de 28 % entre 2018 et 2017. Les indicateurs de risque pour la santé et l’environnement ont diminué respectivement de 28 % et de 15 % par rapport à la période 2006-2008. “Ces résultats sont encourageants et permettent d’atteindre, pour la première année, la cible de réduction de 25 % de l’indicateur pour la santé visée par la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture 2011-2021. Toutefois, il faut poursuivre les efforts dans les années à venir pour atteindre cette même cible pour l’indicateur environnement”, indique-t-on dans le rapport.

Selon les chiffres recensés en 2018, 1530 prescriptions agronomiques de produits contenant de l’atrazine ont été préparées par 132 agronomes de partout au Québec. Un peu plus de la moitié des prescriptions (55 %) ont été effectuées par 15 agronomes qui travaillent pour une entreprise de vente de pesticides.

Trois régions, où se trouvent près de 60 % des agronomes, affichent plus de 70 % des prescriptions

• Montérégie : 50 % des prescriptions et 32 % des agronomes

• Chaudières-Appalaches : 13 % des prescriptions et 11 % des agronomes

• Centre-du-Québec : 12 % des prescriptions et 14 % des agronomes

La Montérégie, le Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches sont les régions où il se vend le plus de produits contenant de l’atrazine, ce qui est expliqué par la forte présence de la culture du maïs dans ces régions. Toutefois, leurs indices de pression à l’hectare sont inférieurs à la moyenne.

Entre autres informations, les pesticides les plus vendus sont les herbicides (55 %), suivis des insecticides (18 %) et des fongicides (12 %). Les dix ingrédients actifs représentent à eux seuls près de 60 % des ventes. Le rapport ajoute que le nombre de biopesticides figurant dans la liste des dix ingrédients actifs les plus vendus ne cesse de croître.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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