Dix conseils d’un expert du soya

Si la tendance se maintient, le Québec et le Canada pourraient connaître les plus importantes superficies jamais consacrées au soya de leur histoire en 2017. Et il en serait de même aux États-Unis avec une production quasi record prévue cette année.

Si ce n’est guère surprenant en raison des prix du soya pour le marché, il vaut mieux en avoir pour son argent quand vient le temps de maximiser ses rendements. Un expert ontarien dans le domaine, Horst Bohner qui travaille au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) a fait part de ses dix conseils quand vient le temps de cultiver le soya.

  1. La largeur des rangs est importante

Le contrôle des maladies devient plus facile avec des rangées plus larges, mais cela nuit aux rendements et implique des investissements coûteux, indique l’expert. Selon M.Bonher, les agriculteurs doivent donc faire un choix en toute connaissance de cause lorsqu’ils choisissent la largeur du rang. Ses données ont montré que des rangs de 15 pouces obtiennent des rendements plus élevés, mais que la moisissure blanche devient plus présente.

2. Les taux de semis devraient être spécifiques au champ

M.Bohner a déclaré qu’il a déjà rencontré des agriculteurs qui sèment jusqu’à 130 000 grains par acre sur certains parties de leurs champs, une décision tout à fait logique. Il a aussi rencontré d’autres agriculteurs qui sèment plus de 300 000 grains par acre sur certains de leurs champs, une autre bonne décision. Conclusion? Connaissez votre domaine, déclare Bohner. ” Dans un environnement à faible rendement, nous augmentons le taux de semis. Lorsque le potentiel de rendement est très élevé, nous réduisons vraiment le taux de semis. Il y a une certaine flexibilité, mais vous devez connaître votre équipement et votre champ”, explique l’expert

3. La sélection des variétés est un élément clé

Quelle variété choisir? Avec plus de 200 nouvelles variétés développées chaque année en Ontario, la question se pose. D’une manière générale, « la nouvelle génétique produit davantage », et les agriculteurs qui cherchent à augmenter les rendements du soya doivent être prêts à expérimenter différentes variétés. Trois par année sont les recommandations de M.Bohner.

4. Les résultats sur le traitement foliaire laissent perplexes…

Les résultats sur le traitement foliaire ne sont pas encore concluant selon M.Bohner. Le seul exemple probant est le manganèse. Le soya avec une déficience en manganèse (souvent dans les sols argileux) répond bien à une application précoce de manganèse, augmentant parfois les rendements jusqu’à huit boisseaux par acre

5. Une bonne fertilisation est importante

Les nutriments sont essentiels à la croissance du soya, mais la patience est la clé pour améliorer les rendements avec des nutriments,selon M. Bohner. ” Appliquer de l’engrais l’année de la culture ne vous permettra pas d’obtenir le résultat que vous souhaitez. ” Un des moyens les plus faciles d’améliorer les rendements du soya est de conserver les niveaux de nutriments dans le sol élevés et de les maintenir “.

6. Aplanir avec un rouleau après l’émergence est une option

Contrairement aux perceptions, passer un rouleau dans le champ ne vas pas forcer le soya et augmenter le rendement. L’avantage de l’opération est plutôt de niveler le champ et enfoncer les pierres. Au lieu de le faire avant la plantation ou tout de suite après, ce qui peut former une croute, M.Bohner recommande d’attendre que le plant soit trifolié et de passer par un chaud après-midi lorsque les plants sont soumis à un stress thermique. “Les plants se relèveront. Ça fonctionne”.

7. Fongicides: ne pas tout pulvériser

Il ne s’agit pas tant ici d’un conseil pour les producteurs de soya qu’un sujet intéressant à étudier. Selon des tests, des pulvérisations sur des champs qui ne démontraient pas de signe de champignons n’ont pas donné de rendements supérieurs. Appliquer à tous les champs n’est pas une solution rentable mais en tant qu’industrie, si des solutions pour augmenter le rendement sont disponibles, il faut comprendre quant et de quelle manière les utiliser pour pouvoir en profiter.

8. Semis précoce = boisseaux de plus de 4 acres par acre

La sélection des variétés est important fait valoir M.Bohner. Habituellement, l’instinct nous dicte d’attendre pour les semis des fèves. Le maïs supporte mieux le froid, de sorte que les agriculteurs attendaient généralement fin mai pour semer le soya.
Mais l’ensemencement des fèves demande une longue saison de maturation et semer dès fin d’avril peut résulter en quatre boisseaux supplémentaires par acre en moyenne.
Les variétés hâtives termineront leur saison de croissance trop tôt et manqueront ainsi les pluies d’août et de septembre, selon Bohner.

9. Gérer les résidus

Le soya est une plante qui s’adapte facilement mais pour favoriser la plante, il est mieux d’éviter les résidus de maïs, selon l’expert. La meilleure manière est le semis direct mais chaque méthode à ses pour et ses contre.

10. Le traitement des semences est efficace

Sujet controversé s’il en a un. Le traitement des semences aux néonics est désormais interdit en Ontario. Le traitement des semences est selon lui efficace et il faut voir le sujet comme un parmi tant d’autres dans l’histoire des grandes cultures. Pour obtenir les meilleurs rendement au meilleur coût, il faut savoir cependant les utiliser où cela est nécessaire.

Source: Farm Forum

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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