Un portrait mitigé pour le foin à la mi-saison

Les espoirs étaient grands cet hiver de pouvoir compter sur la prochaine saison de foin pour regarnir les entrepôts et les greniers après deux années difficiles.

Il a fallu cependant que Mère Nature fasse de nouveau des siennes avec des redoux hivernaux suivi d’intenses périodes de froid. Résultat, de nombreuses luzernières ont été perdues pour causes de gel, principalement dans le sud de la province. « Ce qui a fait le plus mal ce sont les superficies de luzerne perdues », confirme Germain Lefèbvre, ancien président du CQPF et producteur de foin, interrogé sur l’état de la production de fourrage. Plusieurs producteurs ont dû ressemer leurs champs en entier ou encore les zones endommagées, précise -t-il.

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Heureusement, la situation n’est pas généralisée. « Dans le Bas-du-Fleuve, qui a connu deux été de sécheresse, ça va mieux cette année. Au Saguenay aussi on peut dire que ça va bien », ajoute M.Lefèbvre.

La Financière agricole a d’ailleurs indiqué dans son dernier rapport des cultures que le Saguenay était la seule région de la province où la qualité était supérieure à la moyenne. Partout ailleurs, les rendements et la qualité sont dans les moyennes, alors qu’en Montérégie on signale des problèmes sur ces deux points.

Selon ce qu’a pu observer M.Lefebvre, le rendement serait dans la moyenne grâce à la pluviométrie variable au printemps. Les champs ont pu sécher par la suite.

Surtout, la récolte durant la première coupe de foin a pu bénéficier de bonnes fenêtres de beau temps, ce qui a assuré une qualité aux fourrages. « La qualité est assez bonne et la récolte a eu lieu à des dates convenables. Ceux qui ont pu en profiter on pu compter sur trois-quatre jours de beau temps. Ce n’est pas comme il y a deux ans où il pleuvait sans arrêt ».

En ce moment, le producteur indique que le marché du foin bénéficie d’un approvisionnement serré mais qui n’est pas « dramatique ». « Les prix sont fermes. Plusieurs apprennent la véritable valeur du foin ».

Il faudra surveiller ce que le reste de l’été réserve pour savoir si l’approvisionnement sera constant. La repousse aura besoin de pluie, surtout dans le sud-ouest, pour offrir de bons rendements pour la 2e coupe. En ce moment, « la reprise est variable », constate M.Lefèbvre. « On n’a que des orages. Par exemple à Saint-Denis,  il a plus hier (mercredi) mais rien un peu plus loin. »

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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