La saison de soya commence dans les temps

La chaleur en août laissait présager un début précoce pour la récolte de soya mais cette dernière commencera finalement aux dates habituelles, selon les échos reçus des champs. Les températures plutôt froides depuis le début de septembre ont en effet ralenti la croissance des cultures. Autant les températures de jour que de nuit ont descendu avec dernièrement des plongeons vers le zéro Celsius.

Ce sont les variétés de soya les plus hâtives et semées tôt qui arrivent à maturité en ce moment, ou encore dans les champs se situant dans des sols plus sableux, comme c’est le cas pour le producteur Dominic Dubuc qui a effectué un premier tour de moissonneuse-batteuse chez un client à Saint-Isidore. Ce producteur qui figure toujours dans ses premiers clients a semé une  variété hâtive d’environ 2100 unité thermiques. Il a récolté de 35 à 40 hectares jeudi le 17 septembre avec un rendement variant entre 2 ½ à 4 tonnes à un taux d’humidité de 12 ½ % qui a reculé jusqu’à 11 % en fin de journée. Ces résultats ne sont donnés qu’à titre indicatif. Il ne sont pas représentatifs selon lui de ce que le soya pourrait donner cette année. Il observe que ces terres constituée de coteaux sableux ont souffert de la sécheresse de cette année. Certaines zones du champ étaient belles et d’autres moins, avec des plants plus verts sur les côtés.

Lui-même s’attend à passer les premiers tours de roues dans ses champs vers le 22 ou 23 septembre. L’année 2020 devrait être une bonne année “avec un rendement supérieur à la moyenne”, dit-il. Situé aussi à St-Isidore, les terres de M.Dubuc se trouvent dans des loams argileux. “On n’a pas manqué d’eau et on a eu une bonne levée en général. On trouve aussi dans les champs une bonne quantité de gousses et plusieurs qui comptent 4 fèves. On s’attend à avoir dans le champs des 4 tonnes de rendement à l’hectare”.

Interrogé la semaine dernière, l’agronome François Montambeault chez Semences Pride penchait pour une récolte précoce pour ceux qui aurait semé tôt avec des variétés hâtives mais la saison semblait suivre son cours normal dans son territoire couvrant l’Estrie. “La récolte devrait débuter vers le 24 septembre, soit dans la moyenne. Le calendrier n’est pas en avance car septembre n’est pas si chaud. En août on observait qu’on devançait le calendrier jusqu’à la dernière semaine du mois mais depuis une semaine (au 11 septembre), ce n’est plus le cas.”

Même son de cloche chez la productrice Johanne Van Russum située à Sainte-Brigide d’Iberville et qui effectue aussi des travaux à forfait. Approchée quant aux progrès dans le soya le 18 septembre, la récolte n’avait pas encore débuté dans sa région.

Les observations se regroupent cependant sur l’avancement de l’assèchement des plants qui ont jauni de manière marquée depuis deux semaines. La perte de feuilles s’est aussi accentuée. Pour François Montambeault, la variabilité des plants est un élément qui revient sans être aussi marqué que dans le maïs. Le manque d’eau ne semble pas non plus avoir eu un impact important. “Le soya a bénéficié de belles pluies en juillet pendant que le plants étaient en fleurs. Puisque les plants de soya fleurissaient longtemps, ça leur a été favorable.”

En plus, ajoute l’agronome, les maladies sont peu présentes. La sclérotinia se fait discrète cette année puisque le potentiel d’inoculum n’a pas la chance de s’établir en raison des conditions sèches et chaudes en début de saison. En somme, des conditions très belles pour le soya qui promettent côté rendement.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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