Le MAPAQ fait le point sur l’amarante tuberculée au Québec

Des tests menés l'an dernier confirme de nouveaux foyers d'infestation

L’équipe de malherbologie du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection  (LEDP) a dressé un portrait de la propagation de l’amarante tuberculée au Québec.

Après avoir été détectée pour une première fois en 2017, la mauvaise herbe a fait l’objet de nouveaux signalements en 2019. En raison de la difficulté à l’identifier correctement, les chercheurs ont développé et procédé à des tests moléculaires permettant une plus grande précision. En plus de la distinguer des autres amarantes, ces tests ont aussi l’avantage d’identifier les types d’herbicides résistants.

En tout, sept nouveaux signalements ont été faits en 2019, tous dans des champs de soya.

  • Une au Centre-du-Québec (MRC de Drummond)
  • Une en Montérégie-Est (MRC des Maskoutains).
  • Cinq en Montérégie-Ouest (MRC du Haut-Richelieu), toutes dans la même municipalité mais chez des producteurs différents.

Toutes les populations découvertes en 2019 sont multirésistantes:

  • Une aux herbicides des groupes 2 et 14.
  • Quatre aux herbicides des groupes 2 et 9.
  • Deux aux herbicides des groupes 2, 9 et 14.

L’Équipe de malherbologie a indiqué qu’elle procèderait cet hiver à d’autres tests pour évaluer la résistance de ces mêmes populations aux herbicides des groupes 5 et  27. Ils seront menés au Centre de recherche sur les grains (CÉROM).

L’amarante détectée à l’automne 2017 se trouvait dans un champ de soya de la MRC des Jardins-de-Napierville en Montérégie-Ouest. Elle s’était montrée résistante aux herbicides des groupes 2, 5 et 9 à la suite de tests classiques par aspersion.

Dans la majorité des cas recueillis en 2019, chaque plant  possède toutes les résistances détectées dans la population dont il est issu, indique le bilan de l’équipe de malherbologie. Jusqu’à trois mécanismes de résistance différents ont été trouvés dans un seul et même plant.

L’emphase est mise sur les risques de propagation de l’amarante. Puisque ses semences sont très petites, elles peuvent se loger dans les outils, les vêtements, les bottes et l’équipement agricole (travail à forfait, CUMA). Les principes de biosécurités doivent êtres suivis.

Dans le bilan, on insiste également sur l’arrachage des plants avant la récolte. Les graines demeurent attachées au plant et peuvent être dipersées par la moissonneuse batteuse. « Un seul plant récolté par une batteuse peut disséminer des millions de futurs individus d’amarante tuberculée. Cette dernière,  par sa grande production de semences et sa multirésistance aux herbicides, a ainsi le potentiel d’infester des champs complets et même, des municipalités, en seulement quelques années ».

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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