Les leçons à tirer de 2017 pour mieux faire en 2018

Après l’année 2016 qui s’est passée sous des auspices plus que favorables pour les cultures, le scénario a été tout autre cette année avec une météo en dents de scie. Le soya s’en est tiré avec difficulté mais le maïs a bien fait, contre toute attente, grâce à un automne où la chaleur s’est prolongée.

Selon Stéphane Myre, agronome pour Dekalb dans la région de Saint-Hyacinthe, des producteurs ont affiché des rendements de 16 à 17 tonnes l’acre, surtout dans les endroits où les problèmes de fertilisation ont été contrôlés. « Les champs bien calibrés ont fait un peu mieux que l’an dernier », fait remarquer l’agronome qui note également que le nombre d’unité thermique s’est avéré être comparable cette année à celui de 2016.

Aux États-Unis, neuf États ont enregistré des rendements record, soit un nombre équivalent à l’an dernier. Ces derniers se situent dans la région du Midwest, allant des Grands Lacs jusqu’au sud dans la zone traversée par le fleuve Mississippi. Le meilleur rendement a toutefois été relevé dans l’État de Washington sur la côté ouest avec 235 boisseaux à l’acre.

Au Québec, quelques champs restent à être récoltés mais la saison tire à sa fin. C’est le 6 décembre qu’il sera possible d’en savoir plus sur les rendements de cette année avec le compte-rendu de Statistique Canada sur l’année 2017.

En attendant, le temps de choisir les variétés pour l’an prochain est déjà arrivé. La saison 2017, bien que difficile, a été une année où on a pu apprendre pour faire de meilleurs choix, fait valoir Stéphane Myre. « On parle souvent d’UTM au Québec et en Ontario mais aux États-Unis, on parle davantage de saison végétative. Les UTM ne sont qu’une variable parmi d’autres. Ce n’est pas très précis comme facteur sur lequel baser ses choix. Il faut considérer d’autres éléments comme la période de pollinisation et la courbe de séchage, en somme des critères dit agronomiques ».

Le premier aspect à considérer selon l’agronome est le rendement évalué dans sa globalité pour obtenir la rentabilité à l’acre, c’est-à-dire le tonnage moins les frais de séchage. Un maïs qui offre un bon rendement mais qui doit être séché de manière prolongé en raison de son taux d’humidité n’est peut être pas aussi rentable qu’on peut le croire.

Le second englobe les caractéristiques agronomiques telles que la vigueur du plant, la période de floraison, le développement racinaire, etc. « Une floraison hâtive est par exemple associée à un taux de risques un peu plus faible », fait valoir M.Myre. L’année 2017 a aussi démontré que la demande en énergie du plant vers l’épi pour  finaliser la maturation des grains avaient mené à du cannibalisme et un problème de verse, d’où l’importance d’avoir des racines profondes et bien implantées.

Le troisième aspect concerne la diversification. « On ne met pas tous ses œufs dans le même panier », illustre M.Myre. On diversifie ses hybrides en choisissant par exemple des variétés avec une floraison plus tardive. En diversifiant la génétique, on met les chance de son côté contre les éléments qu’on ne peut contrôler, tels que la météo.

Le quatrième aspect repose sur la courbe de séchage de l’épi. À partir du moment où le point noir est atteint par le grain, le taux d’humidité se situe à 32%. Il faut chercher des caractéristiques qui vont favoriser le séchage, soit par une enveloppe plus mince du grain ou bien des feuilles qui vont se dérouler progressivement autour de l’épi pour laisser passer l’humidité.

« Il existe aussi d’autres éléments à considérer comme la population de semis ou l’espace entre les rangs. Mais comme je le répète à mes producteurs, il faut trouver le bon hybride pour le bon sol », résume l’agronome.

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