Les maladies du maïs à surveiller cette année

L’adage dit qu’une personne avertie en vaut deux. En suivant ce principe, voici quelques pistes quant aux maladies qui méritent une attention particulière pour les cultures de maïs en cette année post-El Nino.

L’helminthosporiose du Nord (northern leaf blight) s’est étendue durant la dernière année en Ontario, au point où il était possible de la retrouver dans presque tous les champs de la province, selon un agronome du ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Après examen de champs, l’incidence de la maladie atteignait des niveaux significatifs ainsi que des niveaux considérés sévères. Elle a été le plus souvent répertorié à l’ouest de Toronto et jusqu’à la péninsule le plus au sud de la province. D’un point de vue statistique, 181 champs ont été examinés et sur le nombre, seulement cinq n’étaient pas infectés.

Selon l’Université de Guelph, les dommages liés à helminthosporiose du Nord peuvent être importants, soient de 20 à 30 boisseaux par acre. Même si la maladie est plus commune lors de conditions chaudes et humides pendant la période de croissance, elle peut aussi se manifester dans des conditions environnementales jugées bonnes.

En des conditions météo, la génétique est aussi pointée du doigt comme étant une des raisons de la prolifération de la maladie. Une résistance génétique se manifesterait dans certains hybrides. Ce serait le cas du gène Ht1 (Helminthosporium turcicum) qui était auparavant très performant.

Le ministère de l’Ontario recommande aux producteurs d’utiliser plusieurs moyens à leur portée pour se prémunir contre la maladie, entre autres en évitant de resemer dans un champ auparavant consacré au maïs puisque la maladie reste présente dans les résidus.

À surveiller aussi

La rouille est une autre maladie à surveiller pour l’été 2016. La rouille n’est habituellement pas un problème avant la fin de l’été ou le début de l’automne. Les infections peuvent survenir plus tôt au cours des étés frais et humides. Le maïs est particulièrement vulnérable au stade du verticille. L’humidité s’accumule souvent dans le verticille, offrant les conditions idéales pour l’apparition de la maladie.

Également sur le radar cette année, la maladie des taches grises qui est une maladie destructrice et qui a des répercussions économiques importantes. Depuis dix ans, elle prend de l’ampleur dans les États voisins des Grands Lacs. Elle peut entraîner de lourdes pertes par temps chaud, pluvieux et humide.

Enfin, la maladie de Stewart sévit partout en Ontario, mais n’est préoccupante que dans le sud-ouest de la province. Elle est par contre à surveiller tout de même puisque les hivers plus doux que la normale permettent aux altises du maïs, qui sont des vecteurs de la maladie de Stewart, de survivre en grand nombre.

Source : OMAFRA, OMAFRA

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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