L’intelligence artificielle à la recherche du nouveau glyphosate

La société suisse Syngenta s'est associée à Insilico Medicine dans le but d’utiliser des outils d'apprentissage en profondeur (deep-learning) afin d'accélérer le développement des produits phytosanitaires

La société suisse Syngenta s'est associée à Insilico Medicine, une société basée à Hong Kong et chef de file dans le développement de médicaments. Le partenariat a pour but d’utiliser des outils d'apprentissage en profondeur (deep-learning) afin d'accélérer l’invention et le développement de produits protégeant les plantes contre les maladies, les mauvaises herbes et les parasites, tout en préservant les écosystèmes. En plus de prendre en charge certains des travaux préliminaires traditionnellement menés en laboratoire, l'intelligence artificielle (IA) pourrait concevoir des molécules en phytoprotection qui soient plus durables et plus respectueuses de l'environnement.

La technologie de chimie générative d’Insilico Medicine s’appuie sur le deep learning pour concevoir rapidement des molécules pour les ingrédients actifs. La plateforme permet de définir des récompenses et pénalités pour orienter la génération de molécules vers les propriétés désirées.

L'IA fait partie des nouvelles méthodes émergentes en réponse aux préoccupations environnementales et sanitaires qui incitent à la recherche d'alternatives durables aux produits traditionnels utilisés par les agriculteurs. La demande est également soutenue par des pressions réglementaires et des poursuites, notamment l’accord de règlement de 11 G$ de Bayer au sujet des allégations que son herbicide au glyphosate provoque le cancer.

«Il y a une opportunité pour que cela change la donne», a déclaré Camilla Corsi, responsable de la recherche sur la protection des cultures chez Syngenta, dans une entrevue donnée à Bloomberg.

Le glyphosate vieux de presque 50 ans reste la principale défense de première ligne pour de nombreux agriculteurs. Toutefois, de plus en plus de mauvaises herbes développent une résistance au produit.

«Le remplacement du glyphosate est le plus grand défi de notre industrie et nous avons beaucoup investi pendant de nombreuses années pour essayer de répondre à la question de savoir ce qui va suivre», a déclaré Mme Corsi. «L'intelligence artificielle est l'une de ces technologies qui pourrait offrir une percée.»

Syngenta a investi dans des solutions biologiques qui utilisent toutes sortes de méthodes, des microbes aux phéromones sexuelles des insectes, pour lutter contre les infections fongiques et les ravageurs. La société veut se retirer des produits chimiques conventionnels pour offrir des produits moins toxiques pour l'homme et plus résistants face aux changements climatiques, a déclaré le PDG de Syngenta, Erik Fyrwald, l'année dernière.

Source: Bloomberg

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires