Mieux vaut prévenir que guérir

La dernière étape d’une opération de décompaction, c’est d’identifier la ou les causes du problème et de les éliminer ou, à tout le moins, les atténuer. « Tout pourrait être à recommencer l’année suivante si l’on ne prend pas certaines mesures pour protéger le sol », prévient Marc-Olivier Gasser, chercheur de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). « Le sous-solage demeure un correctif, insiste de son côté l’agronome Louis Robert. Il ne devrait pas faire partie des travaux de sol routiniers. Il faut chercher à sortir du cercle vicieux de la compaction, qui fait que plus un sol est vulnérable, plus il se compacte et plus il se compacte, plus il devient vulnérable. » Rappelons qu’il est recommandé de ne pas dépasser 10 tonnes de charge par essieu en conditions sèches et 6 tonnes en conditions humides. Parmi les équipements les plus souvent pointés du doigt en matière de compaction figurent la moissonneuse-batteuse, la remorque à grain, la citerne à lisier et les tracteurs de forte puissance. Il existe plusieurs mesures d’atténuation, comme de ne plus amener la remorque à grain dans le champ ou de munir ses équipements de pneus basse pression ou de chenilles. Par ailleurs, le trafic de précision (aussi appelé trafic contrôlé) commence à faire des adeptes. Le semis direct et le travail réduit devraient également donner une chance au sol en favorisant une amélioration de sa structure, car une forte structure rend le sol plus résistant à la compaction. Ce qui aidera à sortir du cercle vicieux de la compaction.

Extrait de l’article  Beaucoup de doigté et un peu de chance  paru dans Le Bulletin des agriculteurs, édition Juillet-août 2018.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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