Quoi surveiller dans les grandes cultures

Le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP)  a réalisé un inventaire des possibles problèmes de phytoprotection pouvant affecter les grandes cultures entrant dans une période charnière pour l’issue de la saison qui a déjà été marquée par plusieurs problèmes. Au menu, premières masses d’oeufs du ver-gris occidental des haricots, oscinie des céréales, insectes s’alimentant sur les soies du maïs et pourriture à sclérotes dans le soya sans oublier des insectes défoliateurs dans le soya. Voici des extraits tirés de ce rapport.

Ver-gris occidental des haricot

Le RAP rapporte que les captures dans les pièges demeurent faibles mais les premières masses d’œufs de ver-gris occidental des haricots (VGOH) ont été observées dans 7 champs situés dans trois régions: Estrie (Standstead-Est), Outaouais (L’Isle-aux-Allumettes, Shawville et Clarendon) et en Montérégie-Ouest (dans trois champs situés dans le secteur de Saint-Anicet). Les champs à surveiller sont ceux situés dans des zones où les sols sont sableux, qui ont déjà subi des dommages par le passé et qui présentent une croissance irrégulière. Une carte interactive donne une idée de l’évolution des captures qui illustrent le moment de leur arrivée dans un secteur. Le dépistage des œufs et des ennemis naturels est indispensable pour juger de la nécessité d’intervenir.

Oscinie des céréales

Un champ d’orge situé à La Pocatière et un champ de blé situé à Saint-Charles-de-Bellechasse ont subi des dommages causés par des larves de l’oscinie des céréales (Oscinella pusilla), une mouche rarement observée au Québec qui, dans ces cas, semble avoir causé des dommages importants. Alors qu’au début de la saison les champs étaient bien établis, des dommages, principalement sur les tiges secondaires des plants, ont été constatés. Ces champs présentent un développement très inégal. Le RAP indique que la présence d’un autre insecte ravageur du blé, la mouche de Hesse, peut aussi expliquer qu’un champ de céréales soit clairsemé ou inégal. Le Réseau recommande donc de faire un dépistage qui vous permettra d’établir lequel est responsable des dommages observés.

Insectes ayant un impact sur la pollinisation du maïs

Les adultes des chrysomèles des racines du maïs émergent du sol et sont visibles depuis mi-juillet. Les altises à tête rouge et les scarabées japonais adultes sont également présents à cette période de la saison. Ces trois espèces peuvent s’alimenter sur les feuilles du maïs, mais leur impact est plus important lorsqu’elles s’attaquent aux soies, ce qui peut affecter la pollinisation.

Dans quelles situations y aurait-t-il un impact notable sur le rendement du maïs grain?
L’impact pourrait être important si toutes les conditions suivantes sont rencontrées lors du dépistage :

  • Moins de la moitié du champ est pollinisée
  • La portion de soies sortant de l’épi mesure moins d’un demi-pouce (1,3 cm)
  • Les ravageurs sont présents et s’alimentent sur les soies

Pour déterminer si les ravageurs exercent une pression et s’alimentent sur les soies, l’utilisation de plaquettes collantes est plus simple et moins coûteuse que de dénombrer les insectes en marchant dans un champ.

Sclérotina

C’est au stade floraison que le soya peut être infecté par la pourriture à sclérotes et que la maladie a le plus fort potentiel de causer des dommages. Selon la région et les dates de semis, les stades du soya varient présentement entre R1 et R4. Le stade le plus représenté parmi la soixantaine de champs dépistés par le RAP Grandes cultures pour suivre le puceron du soya est R3.

Les précipitations des derniers jours, ainsi que les températures plus fraiches, ont pu favoriser le développement du champignon. Les semaines précédentes, les conditions très sèches et les températures élevées étaient très défavorables à la fructification des sclérotes. Il faut donc surveiller à la fois les conditions locales favorables au développement des apothécies et les stades de développement du soya. Un autre critère déterminant est la fermeture des rangs de soya, lequel crée un milieu ombragé, plus humide et plus frais, favorable au développement du champignon.

Puceron du soya

La moyenne provinciale de pucerons par plant, dans 61 champs de soya suivis par le RAP Grandes cultures, est de 9 pucerons par plant (dépistages réalisés le 20 et le 21 juillet). La densité maximale a été observée dans les Laurentides, à Blainville, avec 80 pucerons/plant en moyenne, le 21 juillet. Le seuil d’alerte est de 250 pucerons/plant.
Le dépistage du puceron du soya n’est donc pas nécessaire pour le moment.

Autres défoliateurs du soya

Les conditions météorologiques actuelles sont toujours favorables au tétranyque à deux points dans la culture du soya. Surveillez surtout les champs (ou secteurs de champs) qui ont un historique de dommages causés par ce ravageur et qui subissent un stress hydrique. Les bordures de champs sont un bon endroit pour observer les tétranyques. La pluie peut toutefois faire diminuer les populations. De plus, rappelons qu’à partir de la mi-août, les populations vont diminuer naturellement.

Différents insectes défoliateurs du soya peuvent être observés à cette période de la saison : scarabée japonais, méloé cendré, belle dame, criquets, altise à tête rouge, etc. L’impact de ces ravageurs peut être évalué en estimant le pourcentage de défoliation, en fonction du stade du soya.

La fiche complète du RAP est disponible ici.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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