Des résultats qui promettent pour le blé

Les rendement sont excellents dans certaines régions

Le beau temps de la dernière semaine a favorisé le début de la récolte de blé d’automne et dans quelques cas, celui également du blé de printemps.

À première vue, les résultats semblent excellents malgré des conditions de départ difficiles. La pluie et le froid ont retardé les semis qui ont eu lieu au début de mai dans le sud du Québec, alors que la région affiche ses premiers semis de céréales à paille habituellement dans le dernier tiers d’avril. Le blé d’hiver a pour sa part survécu difficilement en Montérégie mais les champs qui ont passé la saison froide pourraient afficher d’excellents résultats.

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La productrice et agronome Johanne Van Rossum, située à Sainte-Brigide d’Iberville a procédé à sa récolte de blé cette semaine, culture qui avait été semée le 8 et 9 mai dernier. “Le temps sec a certainement réduit le rendement puisque les grains sont plus petits, mais malgré tout, je suis satisfaite avec un rendement de un peu plus de 4 t/ha; entre 4.2 et 4.3”. L’humidité du grain à la récolte se situait entre 13 et 15 % selon le moment de la journée. Et la récolte faite chez un voisin se montrait tout aussi prometteuse, sinon plus.

La qualité visuelle du grain semble excellente selon Johanne, mais il restait à faire analyser quelques échantillons pour vérifier les toxines et l’indice de chute. “Le temps sec a favorisé une qualité de paille excellente.” L’agronome estime qu’en situation de rareté de foin, la paille pourra être utilisée non seulement en litière, mais aussi pour l’alimentation du troupeau, en étant ajoutée à la ration totale mélangée.

Annie Desrosiers de Pioneer pour l’Est du Québec a pu observer des résultats similaires: le blé d’automne dans Lanaudière affichait de très bons rendements alors qu’ils étaient excellents dans la Mauricie dans la région de Louisville, tout comme pour Saint-Prosper.

Quant aux semis de printemps, la pluie avait retardé les battages de blé mais la machinerie s’apprêtait à entrer dans les champs vendredi après-midi. Pour l’instant, les rendements étaient moyens, autant pour l’orge que le blé de printemps dans Lanaudière tandis que l’orge présentait de petits grains dans la région de Saint-Prosper mais avec de très bons rendements.

Luc Julien, représentant pour Semican, avoue que les attentes étaient plutôt faibles avec des semis tardifs et une faible survie des blés d’automne dans le sud de la province. Pourtant, la Mauricie était en passe d’enregistrer des rendements records pour le blé d’hiver avec près de 7,3 tonnes à l’hectare pour les premiers résultats. Même les semis de printemps semblent en ligne pour faire de 2019 une bonne année avec de 6 à 7 tonnes l’hectare.

« Je dois dire qu’on est agréablement surpris. Quand les céréales sont semées tard, on ne s’attend pas à une grosse année puisque les rendements sont handicapés mais il semble qu’elles n’aient pas été affectées, que ce soit en rendement ou en qualité ». Selon ses observations, la santé du plant est présente. La sécheresse n’a pas sévit suffisamment longtemps pour avoir eu des répercussions. Les quelques échantillons prélevés affichent un faible taux de toxines.

Dans les autres régions, les résultats s’annoncent  de moyen à bon pour le blé et bon pour l’orge brassicole. Les rendements sont dans la bonne moyenne pour l’Abitibi-Témiscamingue avec de 4 à 5 tonnes l’hectare.

M.Julien encourage les producteurs à profiter de la fenêtre de beau temps pour procéder à la récolte. L’orge brassicole et le blé pour la consommation humaine sont à maturité et devraient être priorisés. Il incite aussi ceux qui seraient intéressés à semer du blé d’automne à planifier d’avance leur plantation. « On voit que les intentions d’ancrage sont à la hausse. En Abitibi par exemple, il y a un fort engouement(…) On a vu l’an dernier que le blé semé en octobre n’avait pas eu suffisamment de temps pour se développer. Le mieux est de semer vers le 15-20 septembre pour ne pas jouer avec le feu. »

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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