Retard, sécheresse et humidité dans ce début de saison au pays

Si l'Est a eu plus que sa dose de pluie, l'Ouest a chaud, des phénomènes différents qui ont des impacts sur les cultures

Maintenant à la mi-juin, il est déjà possible de dire que ce début de saison fera histoire avec toute sortes de ratés, que ce soit ici au Québec ou encore dans les Prairies. Les semis ont réussi à progresser dans l’Est, grâce à un coup de pouce de Mère Nature qui a enfin décidé de collaborer, mais l’état des cultures procure déjà quelques soucis. Agriculture et Agroalimentaire Canada prévoit des pertes de rendement, même si la météo se montre clémente d’ici l’automne.

L’état des cultures de la Financière agricole confirme le retard des cultures. Mai a été le huitième mois consécutif avec des températures plus froides que la normale pour la province. De nombreux problèmes résultent du printemps froid et pluvieux, tel que la levée inégale et une présence marquée des mauvaises herbes. Plusieurs producteurs ont d’ailleurs choisi de changer d’hybrides ou de passer au soya. Les inondations causent aussi toujours des maux de tête, surtout dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, en raison du niveau d’eau historiquement élevé des Grands Lacs. Une partie des 14228 hectares inondés cette année le sont toujours. La Financière estimait en date du 11 juin que 98% des semis de maïs étaient terminés et 85% pour le soya. Dans ce dernier cas, la Montérégie-Secteur de Saint-Jean-sur-Richelieu affichait le plus grand retard avec 70% des champs complétés. Les progrès étaient aussi évidents pour l’ensemble des petites céréales dans l’ensemble des régions. L’évolution des conditions de croissance et des récoltes du foin et des pâturages est par contre difficile: dans la quasi totalité des régions, les conditions sont prévues inférieures à la moyenne. La 1re coupe a débuté bien qu’elle soit en retard en général mais la Financière.

En Ontario

En moyenne, 85% des semis de maïs étaient complétés contre 53% la semaine dernière. Les semis de soya sont pour leur part terminés à 61% grâce à un bond de 37%. La province a souffert également du temps humide, constate Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Tout comme certaines régions du Québec, c’est en Ontario qu’on retrouve les zones les plus affectées par les pluies abondantes du printemps, comme le montre la carte sur le centile des précipitations. En date du 4 juin, ” l’humidité est encore excessive, et les températures restent froides, ce qui entraîne un piètre accès aux champs, des retards quant à l’ensemencement et une lenteur de la croissance des cultures”. AAC ajoute que ” les retards dans l’ensemencement réduiront le rendement de maïs de 10 à 15 % et le rendement de soya de 5 % si le reste de la saison est favorable”.

Ce printemps, l’Ouest du Canada a connu un faible taux de précipitations presque sans précédent, ce qui s’est traduit par de mauvaises conditions d’humidité du sol, de piètres pâturages ainsi que par une faible production de foin, des pénuries d’eau à la ferme, une mauvaise qualité de l’eau et un retard dans l’émergence des cultures. Dans de nombreuses régions, les pâturages ne sont pas en mesure de répondre aux besoins du nombre normal d’animaux et les coûts des aliments ont doublé. Les producteurs donnent des compléments alimentaires, déplacent le bétail vers des pâturages dont la productivité est plus élevée et réduisent le nombre de bêtes dans leurs troupeaux. Récemment, l’humidité du sol et les conditions de sécheresse se sont détériorées en raison de températures anormalement élevées. En Colombie Britannique et dans le Nord de l’Alberta, les feux de forêt se poursuivent; leurs répercussions sur l’agriculture sont minimes.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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