Santé des sols: l’Est du pays recalé

Le Conseil de conservation des sols du Canada a publié son premier bulletin national sur la santé des sols. Dans ce rapport, l’Est du pays voit son bilan se situer en deçà des résultats obtenus dans l’Ouest.

Les notes sur les sols sont basées sur les changements que les agriculteurs ont effectués au cours des cinq à 10 dernières années, les conditions du sol et l’amélioration ou non des niveaux de matière organique. “Le bilan n’a pas été fait à partir de données brutes, mais depuis mon expérience et mes recherches, ainsi que des rapports et de la sensibilisation fait auprès des agriculteurs et de l’industrie. C’était une tentative de voir ce qui se passe dans différentes régions du Canada et d’essayer de synthétiser ces informations”, a déclaré Mario Tenuta, professeur au département des sciences du sol de l’Université du Manitoba.

Le bulletin présente des résultats faibles pour l’Est du Canada, en se concentrant sur la production en Ontario et au Québec, ainsi qu’aux niveaux de la gestion du carbone organique et des nutriments 4R.

Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, les niveaux de matière organique n’augmentent pas pour les systèmes agricoles de l’Est, comparativement dans l’Ouest.

«Certains de ces niveaux sont liés au changement des systèmes de culture, soit par l’abandon de certaines céréales et des fourrages pérennes. Cela a entraîné une baisse de la matière organique », selon M. Tenuta.

Cette année marque l’année inaugurale du bulletin national sur la santé des sols, publié par le Conseil de conservation des sols du Canada (SCCC), en collaboration avec Tenuta et David Lobb, également professeur de pédologie à l’Université du Manitoba.

«J’ai divisé l’ouest et l’est parce que les situations sont assez différentes entre les deux pour divers éléments, comme le climat, les produits agricoles, les systèmes agricoles, les productions et les types de sols», a déclaré M. Tenuta.

Selon le professeur, la gestion des éléments nutritifs 4R dans l’Est a été jugée faible en raison des grandes quantités de maïs cultivées dans l’Est du Canada. «Je lui ai donné un C parce que je pensais que nous pourrions faire un meilleur travail pour la rétention d’azote pour réduire les pertes par évaporation de l’ammonium. Les agriculteurs ne gèrent pas les champs ou n’utilisent pas des approches agricoles spécifiques aux champs ou aux sites.»

Cependant, les provinces de l’Est ont manifesté un grand intérêt pour les cultures de couverture et les cultures intercalaires, ce qui leur a donné une note plus élevée pour les cultures de couverture que dans l’Ouest canadien.

Le Conseil de conservation des sols du Canada, qui souhaite faire une édition annuelle de ce bulletin, espère qu’il agira à sensibiliser les différents acteurs pour la conservation des sols, qu’ils soient producteurs ou décideurs politiques.

La dernière fois que l’état des sols au pays a été analysé, c’était dans les années 1980, avec le projet Sols en péril.

«Il existe des preuves solides que la situation en matière de conservation des sols nécessite maintenant des actions concrètes. C’est encore plus le cas que dans les années 1980. Le problème, c’est que le gouvernement s’en est détourné », explique David Lobb, professeur à l’Université du Manitoba.

«Je dirais que chaque province et chaque région devrait examiner ce qu’elles font et s’il faut ou non en faire plus», dit M. Lobb. Il espère que le bilan de santé des sols fera partie de l’initiative du Sénat de réévaluer la santé des sols du Canada par rapport à celle du programme Sols en péril des années 1980. «Cela devrait, je l’espère, fournir des informations pour ce type de discussion. Je ne pense pas que quiconque envisage cela comme un outil par lequel nous pourrions forcer les gouvernements ou les agences à faire «x, y ou z». Mais en diffusant ces informations, cela devrait susciter un bon débat et cela devrait influencer la façon dont les gens prennent des décisions », explique M. Lobb.

Texte traduit de Jennifer Glenney, Farmtario




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