Semis 2017: Faut-il revoir ses choix d’hybrides?

Semis 2017: Faut-il revoir ses choix d’hybrides?

Le mois d’avril est arrivé à un cheveu de battre un record de pluie pour le mois et selon les météorologues, le déluge ne serait pas fini : de la pluie est encore attendue dès vendredi et pourrait perdurer jusqu’à mardi. Les meilleurs scénarios ne prévoient en fait du temps plus sec qu’à la mi-mai.

Devant ce constat, est-ce le temps de songer à changer ses hybrides de maïs pour des variétés plus hâtives? Les inquiétudes sont en effet nombreuses parmi les producteurs qui voient leur fenêtre de semis rétrécir de jour en jour.

Stéphane Myre de Dekalb a cependant ce mot pour résumer la situation: Stop!

Il recommande en effet d’y réfléchir à deux fois avant de prendre une décision lourde de conséquences. Selon lui « la règle générale qui prévaut actuellement est la suivante : à moins de raisons particulières, la quasi-totalité des hybrides peuvent être semés sans risque particuliers jusqu’au 22-25 mai ». Il ajoute « que les études démontre que les producteurs qui sèment leur hybrides en pleine saison jusqu’au 26 mai (approximativement) s’assurent d’aller chercher un maximum de rentabilité (rendement vs coût de séchage) ».

Bien que 2017 soit exceptionnelle en terme de pluie, les printemps tardifs ont été fréquents dans les dernières années. En 2014, les chanceux avaient débuté leurs semis le 12 mai. En 2011, une poignée de producteurs étaient entré dans le champ vers le 10 mai.

L’agronome propose de considérer les facteurs suivants avant de prendre une décision :

. étudier les hybrides disponibles en considérant si un hybrides de 10-150 UTM de moins serait aussi performant.

. Considérer le prix du grain à la récolte et les coûts de séchage  puisqu’un prix du grain plus élevé pourrait compenser des changements plus tard en saison, tout comme un système de séchage à faible coût.

. Ne pas uniquement tenir compte du nombre d’UTM dans sa prise de décision, mais aussi les caractéristiques agronomiques, tels que le type de floraison et la courbe de séchage.

. Le risque de gel est plus présent en saison de semis tardif mais un automne beau pourrait prolonger la saison.

. Choisir des hybrides possédant une protection contre les insectes puisque les plants semés tardivement sont plus attrayants pour les insectes.

. Les plants semés tardivement doivent posséder de bonnes caractéristiques agronomiques, comme la tenue, la verdeur, etc.

Quand prendre la décision?

Pour Stéphane Myre, le calcul doit se faire quand l’hybride hâtif va produire un meilleur bénéfice net que les hybrides de pleine saison, ce qu’il appelle la date de transition.

En zone tardive (2850-3000 UTM), cela signifie des hybrides de 100 à 150 UTM de moins qui n’affecteront pas trop les rendements. Pour ceux se situant en zone de 2800 UTM, un hybride de 100 UTM de moins pourrait signifier des pertes de rendement de 10%.

Règle générale: opter pour un hybride exigeant 100 UTM de moins pour chaque semaine de retard à partir de la date limite prévue pour les hybrides de pleine saison.

Source: Dekalb

Source: Dekalb

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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