Un test génétique portatif contre les mauvaises herbes résistantes

Face à un problème de mauvaises herbes résistantes, des chercheurs au Royaume-Uni ont développé un appareil qui pourrait aider à la prise de décision, choisir d’intervenir ou non et si c’est le cas, avec quel produit.

Pour éviter d’avoir à envoyer des échantillons en laboratoire avec les délais qu’ils comportent, une équipe a conçu le BReD, un outil de diagnostic de la résistance à l’herbe noire peu coûteux et qui peut être utilisé par les agriculteurs sur le terrain.

L’outil est décrit comme un «appareil à flux latéral» ressemblant à un test de grossesse. Initialement basé sur un outil plus coûteux utilisé pour identifier les spores fongiques sur le terrain, les producteurs utilisent l’appareil en appliquant un échantillon de feuille dessus.

En cinq minutes, une série de lignes rouges apparaît, dont la disposition illustre la présence de gènes de résistance. En l’utilisant dans le champ, les agriculteurs peuvent ainsi cartographier les populations de mauvaises herbes non ciblées et résistantes aux herbicides.

Le responsable de l’équipe de chercheurs anglais indique que le BReD peut aider à éviter la «méthode de contrôle classique» consistant à utiliser les différents modes d’action dans les applications d’herbicides, ce qui, selon lui, nuit à leurs chances de gérer la résistance non ciblée. «Ce que nous voulons, c’est développer un agronome numérique», dit-il.

L’outil de diagnostic BReD a été développé après que l’équipe de recherche ait passé des années à analyser les gènes de l’herbe noire (la mauvaise herbe résistante ciblée), ainsi que les protéines au sein de ces gènes et d’autres changements métaboliques. Les recherches visaient également à trouver l’origine de sa résistance. Finalement, ils ont déterminé un gène spécifique comme source de la plupart des résistances aux herbicides. C’est ce que l’outil BReD identifie.

L’équipe anglaise collabore avec des chercheurs de d’autres parties du monde pour étendre la portée de l’outil. C’est le cas d’entreprises canadiennes qui visent à appliquer la technologie à une mauvaise herbe majeure des Prairies, la folle avoine.

L’appareil fait l’objet d’autres recherches afin d’améliorer la technologie en lui donnant la capacité de faire des recommandations agronomiques basées sur l’analyse des plantes.

Traduit de l’anglais: Farmtario, Matt McIntosh

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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