Augmenter l’apport de votre pâturage

*C’est bien connu, le pâturage constitue la façon la plus économique d’alimenter les bovins de boucherie. Augmenter son utilisation permet d’abaisser les coûts d’alimentation en réduisant la quantité de fourrage servie. Comment bénéficier de ces avantages?

Le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture (CECPA) a été en mesure de mettre en lumière par l’étude sur les coûts de production 2015 du secteur Veaux d’embouche des approches diversifiées. L’apport des pâturages dans l’alimentation peut être accru en augmentant leurs superficies, en investissant pour améliorer leur productivité ou, encore, en prolongeant la période de paissance.

Superficie en pâturage 

Certaines entreprises choisissent de consacrer une forte proportion des superficies aux pâturages, quitte à acheter les fourrages pour l’hiver. D’autres font le choix inverse : elles cultivent des fourrages sur leur terre et alimentent les animaux durant la période de paissance. Comment établir sa stratégie? Les éléments suivants font partie de la réflexion.

Disponibilité du fonds de terre : dans les régions où le fonds de terre est plus accessible, tant à l’achat qu’à la location, les entreprises augmentent les superficies en pâturage pour bénéficier de ses avantages.

Accessibilité et prix des fourrages : lorsque l’entreprise a l’opportunité de se procurer des fourrages à prix concurrentiel, consacrer davantage de superficies au pâturage est une option à considérer. Par contre, cette approche peut accroître la dépendance envers le marché local des fourrages. Maintenir un stock de foin plus élevé permet de contrôler cet effet.

Rendement : le rendement fourrager influence évidemment le coût par tonne récoltée puisque le coût de récolte à l’hectare est relativement stable. Par conséquent, les avantages liés au pâturage s’accentuent lorsque le rendement fourrager obtenu est moindre.

 Période au pâturage

Les animaux passent en moyenne 153 jours au pâturage, la période variant de 80 à 220 jours. En adaptant leur régie, certaines entreprises arrivent à prolonger la période au pâturage jusqu’à six et même à plus de sept mois. Voici quelques éléments de réflexion afin de prolonger vos pâturages :

Planification : la période hivernale est un moment idéal pour évaluer la saison passée et planifier la prochaine. Mes pâturages et mes fourrages ont-ils été utilisés efficacement? Voilà une question qui mérite réflexion. Différentes méthodes, telles que le choix des variétés de plantes fourragères et même le pâturage sur andains ou le « bale grazing », peuvent être envisagées. Il faut cependant s’assurer qu’elles sont adaptées à la situation de l’entreprise et planifier leur implantation avant le début de la saison.

Rotation des pâturages : un système de pâturage en rotation permet d’allonger la durée de la saison de pâturage comparativement à un système de pâturage en continu. La pratique de la rotation fournit des repousses fraîches au bétail tout en laissant aux plantes le temps de récupérer après avoir été broutées.

Regain de prairie : le regain des parcelles où une première coupe a été réalisée peut constituer des pâturages supplémentaires rendus disponibles durant l’été même. L’avantage est de laisser reposer les enclos au milieu de l’été afin d’accumuler des réserves pour la paissance à l’automne. Environ 40 % des entreprises ont recours à cette pratique.

 Amélioration des pâturages

Le semis, la fertilisation et le chaulage sont des pratiques reconnues pour augmenter la productivité et la durée des pâturages. En moyenne, 40 % des superficies ont été améliorées au cours des cinq dernières années. On observe cependant deux approches opposées : le tiers des entreprises n’ont fait aucune intervention sur les pâturages au cours des cinq dernières années tandis que 20 % des entreprises ont amélioré la totalité de leur superficie en pâturage.

L’obtention d’un rendement fourrager adéquat contribue aux bonnes performances de l’entreprise, et investir dans l’amélioration des pâturages optimise le rendement et l’utilisation des fonds de terre. Cependant, il importe d’évaluer la cohérence entre la productivité actuelle et les besoins alimentaires du troupeau avant de réaliser une intervention.

Conclusion

La grande majorité des entreprises sont conscientes de l’efficience d’une bonne gestion des pâturages pour réduire leur coût d’alimentation. Cependant, elles sont confrontées à différentes réalités et doivent adapter leurs pratiques en conséquence. Alors, cette année, comment ferez-vous pour augmenter l’apport de vos pâturages?

*Article rédigé par le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture.

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