Des suppléments et une salle de bronzage pour les petits porcelets

Résultats d’une recherche menée à Sherbrooke

Dans les dernières années, la prolificité des portées porcines a amené la problématique suivante. Les truies sont les mêmes pour un plus grand nombre de porcelets nés et sevrés. Il en résulte que les nutriments sont divisés entre tous.

Le chercheur Jacques Matte d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke s’intéresse aux micronutriments en production porcine. Ce sont les vitamines et les minéraux traces. Il en existe une vingtaine.

« On a essayé d’identifier les nutriments qui seraient le plus déficitaire », explique le chercheur. Ce travail a été laborieux. Ils ont évalué le transfert de la truie à la naissance et à trois jours d’âge. Les résultats ont démontré que les micronutriments les plus déficitaires sont les vitamines A et D, ainsi que le cuivre.

Par la suite, ils ont cherché la meilleure façon de supplémenter les porcelets. En supplémentant la mère? En supplémentant le porcelet? « On le fait déjà pour le fer », explique le chercheur.

Vitamine D = vitamine soleil

« La vitamine D, c’est un peu particulier, explique Jacques Matte. La vitamine D est habituellement supplémentée dans la moulée, mais pendant la gestation et la lactation, les microéléments proviennent de la mère.

« On s’est rendus compte que les porcelets étaient très efficaces pour fabriquer la vitamine D, ajoute-t-il. On a donc construits des petites salles de bronzage. » En effet, les porcs aux pâturages n’ont pas besoin de suppléments de vitamine D. Le soleil stimule la production de vitamine D.

Bonne réponse

Pour la vitamine A et le cuivre, l’équipe du chercheur s’est rendue compte que le plus efficace était par supplémentation directe par voie orale aux jeunes porcelets.

« On a eu de belles réponses d’augmentation des micronutriments, mais il y a eu une baisse importante jusqu’au sevrage, explique Jacques Matte. Ça nous dit qu’il faudrait supplémenter plus près du sevrage. »

Nouvelle recherche

Le projet est financé par la Grappe de recherche porcine qui est assez intéressée pour continuer de financer une suite à ce projet. Celui-ci permettra d’évaluer la possibilité de supplémenter les porcelets en fin de lactation.

Ce projet s’inscrit dans un plus vaste projet de cinq ans. « On est chanceux que la Grappe porcine nous supporte, explique Jacques Matte. C’est plus compliqué qu’on le pensait au départ parce qu’il faut bien comprendre tout le concept de transfert des nutriments. » Ce projet pourra éventuellement déboucher sur des recommandations pour les producteurs de porcs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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