Optimiser le confort des vaches en stabulation entravée

Peut-on aménager une étable pour offrir un plus grand bien-être aux animaux qui y passent leur vie ? Des chercheurs se penchent sur la question.

Environ 90 % des fermes laitières au Québec recourent à la stabulation entravée. Selon cette formule, les vaches mènent toutes leurs activités dans la stalle : elles y mangent, y dorment et s’y font traire. D’où l’importance de leur fournir un espace favorable au bien-être.

La Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers étudie justement la question. Instaurée par Novalait à l’Université McGill, la Chaire, maintenant dans sa troisième année d’activités, est une nouvelle référence scientifique pour les producteurs de lait. Elle facilite la mise en œuvre du programme canadien de certification proAction, qui mène des évaluations du bien-être animal depuis septembre dernier.

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À la ferme de recherche du campus Macdonald de l’Université McGill, les étudiants ont recueilli des données sur les mouvements des vaches, notamment leur position dans la stalle et leur facilité à se lever et à se coucher. Ils ont aussi pris en compte le temps de repos, les blessures et les boiteries.

Comment mesurer le confort?

Les technologies disponibles sur le marché pour mesurer le confort des bovins ont rarement été validées pour la stabulation entravée. Les chercheurs ont donc testé le pédomètre IceTag 3D pour déterminer précisément le nombre de pas faits par une vache et vérifier si les résultats varient selon la patte à laquelle on fixe l’appareil. Les mesures enregistrées ont montré une forte corrélation avec celles tirées d’une vidéo de l’animal. Peu importe la patte sur lequel il est placé, cet outil automatique parvient à mesurer des aspects du confort comme le temps passé debout et le repos. Il a donc été utilisé pour mener les différentes études sur le bien-être.

Position de la barre d’attache

La barre d’attache peut nuire au mouvement de lever et de coucher de la vache et lui causer des blessures au cou. L’équipe de recherche a donc éprouvé quatre différentes combinaisons de hauteur et de position pour cet élément. Les deux premières visaient à suivre la courbe naturelle du cou de l’animal lorsque celui-ci se tient debout pour manger; la troisième correspondait aux recommandations actuelles du Code de pratiques et la dernière reproduisait l’usage courant sur les fermes au Québec.

Pendant 10 semaines, on a observé 47 vaches. Quelle que soit la position de la barre d’attache, la qualité des couchers s’est améliorée dès la troisième semaine, et celle des levers dès la sixième. Cela suggère que les animaux s’adaptent rapidement à leurs nouvelles conditions de logement. Cependant, contrairement aux prédictions, les blessures au cou n’ont pas disparu, mais se sont déplacées. On sait maintenant qu’installer la barre à 14 pouces de distance de l’animal ne suffit pas à éviter la pression. Les recherches se poursuivent pour trouver le positionnement idéal. Autres possibilités ? Explorer de nouveaux matériaux qui absorbent davantage les chocs que le métal.

Donnez-leur de la corde !

L’équipe de recherche a également testé deux longueurs de chaîne pour vérifier si les vaches exploreraient davantage leur environnement et bougeraient plus facilement dans la stalle. Les fermes du Québec utilisent en général un lien de 60 cm. On a donc installé une chaîne de 100 cm (la recommandation actuelle) et une autre de 140 cm à 24 animaux pendant 10 semaines. Cela n’a pas influencé la prévalence des blessures ni la production laitière. Toutefois, les vaches se préparaient plus rapidement au coucher, ce qui laisse penser qu’elles étaient plus à l’aise dans leur environnement. Allonger la chaîne à 100 cm, voire davantage dans certains cas, n’est donc pas superflu.

La Chaire formulera des recommandations pour améliorer le confort des vaches en stabulation entravée. Restez à l’affût !

Article en collaboration avec Novalait.

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