Résistance aux antibiotiques: la solution pourrait provenir des virus

La prochaine arme pour contrer la résistance aux antibiotiques pourrait provenir d’un phénomène naturel connu depuis la découverte du premier antibiotique. Les phages, ou bactériophages, sont des petits virus ayant la propriété de détruire seulement les bactéries. L’action des phages a été décrite pour la première fois en 1916 par le microbiologiste québécois Félix d’Herelle, alors que le premier antibiotique a été découvert en 1928 par le Britannique Alexander Fleming.

Les phages attaquent les bactéries en y injectant leur matériel génétique. Celui-ci prend le contrôle de la bactérie en produisant de grandes copies du virus. Finalement, les cellules éclatent. Alors que les antibiotiques tuent toutes les bactéries sur leur passage, les phages sont si spécifiques qu’ils peuvent ne sélectionner qu’une souche précise de bactéries. Alors, pourquoi ne l’utilisons-nous pas davantage ? Voici quelques éléments d’explication :

– L’un des problèmes majeurs, c’est qu’une thérapie par les phages est basée sur des virus présents naturellement. Il y a donc peu de possibilités de brevets pour les compagnies pharmaceutiques.

– L’utilisation de virus vivants pourrait occasionner des problèmes inconnus. Cependant, aucune réaction physique négative n’a été détectée jusqu’à maintenant, malgré le fait que les phages et les humains cohabitent depuis des millénaires.

– La destruction des bactéries par les phages crée la libération des toxines contenues dans ces bactéries. Il pourrait en résulter un choc toxique chez les patients, mais aucun cas n’a été détecté dans les projets de recherche menés dans les pays de l’Europe de l’Est.

– Certains phages ne tuent pas les bactéries, mais font migrer leur matériel génétique dans la bactérie. La crainte est de produire des bactéries encore plus infectieuses. Cet obstacle peut être facilement surmonté en utilisant que les phages qui tuent les bactéries.

– Aucun essai en pays occidental n’a été rapporté, quoique ceux menés en Pologne semblent prometteurs.

Des traitements sont disponibles en Pologne et en Georgie pour les gens aux prises avec des infections causées par des bactéries résistantes. Des compagnies cherchent à collaborer avec ces cliniques. Le premier traitement en sol américain risque toutefois d’attendre encore une bonne dizaine d’années, mais ce n’est qu’une question de temps.

Source : TheBeefSite.com

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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