Vers une stratégie mondiale pour contrer la peste porcine africaine

Le Canada vient de tenir un forum international sur cette maladie

Le récent Forum international sur la peste porcine africaine tenu à Ottawa les 30 avril et 1ermai 2019 a permis de constater que les acteurs de la filière porcine mondiale sont en mode action pour contrer cette maladie difficile à contrôler.

Plus de 150 délégués de 15 pays participaient aux échanges. L’événement regroupait les personnes clés impliquées dans la lutte à la maladie, dont la ministre canadienne de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Maric-Claude Bibeau, ainsi que les vétérinaires en chef du Canada, des États-Unis et du Mexique, ainsi que des experts internationaux de la peste porcine africaines et des représentants de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

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D’ailleurs, le lendemain de la rencontre, le 2 mai, les conversations se sont poursuivies lors d’une conférence du Conseil exécutif de l’OIE. Le but est d’en arriver à développer une stratégie mondiale sur la peste porcine africaine. En ce sens, une rencontre aura lieu en mai au cours de la session générale de l’OIE, avec les vétérinaires en chef du G7.

Dans un communiqué le vétérinaire en chef du Canada, Jaspinder Komal, s’est dit satisfait du Forum. «Ensemble, nous avons mis au point un cadre de travail qui permettra de soutenir la collaboration internationale et les mesures en cours dans les domaines de la planification de l’état de préparation, l’amélioration de la biosécurité, l’assurance de la poursuite des activités commerciales et la coordination des communications sur les risques.»

EQSP était présente

Le coordonnateur de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP), Martin C. Pelletier, était présent comme simple participant. « Il y a eu beaucoup d’information partagée, dit-il en entrevue. Ce que ça montre, c’est qu’il y a une mobilisation mondiale. Chaque gouvernement ou groupe met en place des actions pour prévenir l’entrée de la maladie et comment agir si la maladie entre sur le territoire. »

Martin C. Pelletier n’a rien appris de nouveau sur la maladie elle-même, mais il a notamment apprécié apprendre les actions qui ont été prises en République Tchèque qui a réussi à éradiquer la maladie de son territoire.

Le pays a tout de suite mis en place des zones de contrôle et les autorités ont incité les chasseurs à travailler avec eux pour déclarer les sangliers qu’ils rencontraient sur le territoire. Les chasseurs recevaient une compensation monétaire en échange. «Ce qui a aidé, c’est qu’ils sont intervenus rapidement», dit Martin C. Pelletier.

Le Québec n’a pas de population sauvage de sangliers, sauf lorsque certains s’évadent occasionnellement d’élevages. Cependant, certaines provinces de l’Ouest canadien ont des populations sauvages de sangliers.

L’autre élément marquant concerne toute la discussion autour des approches de zonages conclues entre le Canada et les États-Unis, selon le cadre établi par l’OIE. Il reste à voir comment, dans le feu de l’action, tout cela va se concrétiser. « C’est un gros enjeu », dit Martin C. Pelletier.

Dans le numéro de mai du magazine Le Bulletin des agriculteurs, un article complet intitulé La maladie qui effraie l’industrie porcine explique bien cette maladie.

Forum international sur la peste porcine africaine
– 30 avril et 1ermai 2019
– Tenu à Ottawa
– plus de 150 personnes
– provenant de 15 pays

Industrie porcine canadienne :
– plus de 100 000 emplois
– contribue à près de 24 milliards de dollars à l’économie canadienne
– exportation de 1,2 million de tonnes de porc canadien en 2017 dans plus de 100 pays
– valeur totale des exportations : 4 milliards de dollars

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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