*Au mois de novembre dernier, un changement de carrière m’a mené à entrer de plein pied dans le monde de la culture fourragère. Au cours des derniers mois, j’ai visité et rencontré bon nombre d’intervenants et de producteurs qui m’ont appris beaucoup sur la production de plantes fourragères.
Cette année, comme depuis les débuts de ma carrière en agriculture, j’ai parcouru la province, visitant la plupart des régions de la province. J’ai pu constater que le Québec est un vaste territoire aux températures et climats complètement différents.
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Seulement cette année, la sécheresse de juin a accablé le sud et l’ouest de la province, en plus de la région de Lanaudière, alors que la région de la Batiscan affiche une météo tempérée. C’est sans compter la chaleur qui ne s’est pas encore pointée le bout du nez au Saguenay-Lac St-Jean ainsi que dans le Bas St-Laurent. Pire encore ce soir du 27 juillet, je reçois des photos via les médias sociaux de mes amis du Saguenay montrant reçu des grêlons gros comme des balles de tennis. La frénésie de la tempête tropicale Eugénie frappe même au Saguenay! En somme, les conditions météo ne sont définitivement pas les mêmes pour tous les producteurs de la province.
Je me suis questionné à savoir si ces conditions avaient une influence majeure sur la qualité fourragère. Ainsi voici quelques notes que j’ai prises sur les facteurs qui influencent la qualité des fourrages.
- Les facteurs primaires sont : l’espèce fourragère (graminées vs légumineuses), le stade de maturité à la récolte, les méthodes de récoltes utilisées ainsi que d’entreposage.
- Les facteurs secondaires sont : la fertilité du sol, la fertilisation, la température lors de la croissance ainsi que la variété utilisée.
Le stade de maturité à la récolte est un facteur qui aura une incidence majeure sur la qualité de votre fourrage en plus d’être l’un dont où le contrôle est relativement facile. Par exemple, la digestibilité de la matière sèche des graminées de climat frais sera au-dessus de 80% 2 à 3 semaines après l’initiation de la croissance au printemps. Ensuite, ce ration diminuera progressivement jusque sous les 50%. Le ratio feuilles tiges qui est directement lié au stade de maturité, ainsi que le conditionnement du fourrage, aura un impact majeur sur sa qualité.
Dans le tableau suivant on peut facilement constater que la qualité relative descend pour ce qui est des feuilles et des protéines, mais que les tiges et la fibre augmente pour leur part graduellement. Les feuilles sont plus digestibles que les tiges. Il est donc primordial de ne pas trop attendre pour la coupe de vos fourrages pour s’assurer une bonne digestibilité.
Ces stades de croissance seront influencés par les conditions météorologiques. Ces mêmes conditions auront aussi un impact sur la qualité des fourrages, car la plupart des plantes fourragères produisent plus de feuilles dans des températures plus fraîches que lorsqu’elles sont cultivées dans des climats plus arides et chauds.
Ainsi, lors d’une étude produite pour le Conseil des plantes fourragères et prairies américain, le raygrass annuel avait produit 59% de matériel foliaire sous des températures de 10 à 16 C, versus 36% de matière foliaire sous des températures de 20 à 25 C. Vous pouvez lire le document de référence de l’Université du Kentucky que j’ai utilisé pour cet article au https://www.uky.edu/Ag/Forage/ForageQuality.pdf (document en anglais seulement).
Sur ce je retourne sur les routes du Québec.
*Texte rédigé par Frédéric Potvin, agronome pour Pedigrain, en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères.
