17 Tm/ha à Mirabel!

Christian Couvrette avait un bon pressentiment. Les épis étaient si beaux et il récoltait tellement de grain qu’il devait avancer moins vite avec sa moissonneuse-batteuse. À l’oeil, il estimait le rendement à 15 Tm/ha.

PHOTO : Yvon Thérien

C’était mardi, à Sainte-Scholastique (Mirabel). Quand l’équipe de Croplan est arrivée sur place pour la pesée officielle, on a du s’y reprendre à trois reprises à tel point le résultat était improbable : 17 Tm/ha!

L’euphorie a vite gagné le producteur Christian Couvrette et ses deux fils, Jean-Philippe et Louis-Clément. Ils ont pourtant l’habitude des records. En 2011, ils avaient récolté 14,03 Tm/ha avec un hybride NK. Ils avaient déjà dépassé les 15 Tm/ha avec un hybride Pioneer en 2010.

La nouvelle marque de 17 Tm/ha a été établie avec l’hybride 2924 de Croplan, qui est d’une maturité de 2775 UTM. « J’ai commandé de cet hybride (pour la saison prochaine) dès le soir même! », a confié Christian Couvrette.

Notre producteur est persuadé que ce rendement est représentatif de l’ensemble de la parcelle. Même s’il ne dispose pas de capteur de rendement dans sa moissonneuse-batteuse, il estime que sa benne se remplissait aussi rapidement avant l’arrivée des pesées.

Il s’agit d’un retour de maïs (deuxième année en maïs), dans un champ qui a été labouré. La fertilisation a été appliquée aux semis seulement. Et dire qu’on se trouve dans une zone de 2575 à 2650 UTM, loin des 3000 UTM des régions les plus chaudes du Québec!

Quel est donc le secret? Il y a d’abord les longues rotations, qui incluent quatre ans de luzerne, une ou deux années de maïs, un an de soya et un an de petites céréales. Le fumier du troupeau laitier contribue aussi à améliorer la qualité du sol.

Christian Couvrette ne s’en cache pas : il cultive sur d’excellents sols, qu’il prend soin de ne pas compacter. Ses sols comprennent une couche de terre noire dont l’épaisseur varie. Ils ont une structure à telle point idéale qu’elles n’ont pas à être drainés. Il s’agit de terrain qui a longtemps été laissé en friche, le long des pistes d’atterrissage de l’aéroport de Mirabel.

Les rendements dans le maïs cette année au Québec sont au-dessus de la moyenne, affirme l’agronome Marie-Andrée Noël, de Croplan par WinField. « C’est très variable. Il y a des régions qui ont souffert de sécheresse, tandis qu’à certains endroits, les pluies ont été tellement localisées que les rendements varient d’une ferme à l’autre. »

Lorsque la pluie s’est faite rare, c’est la bonne fertilisation qui a fait la différence, soutient Marie-Andrée Noël. La génétique des hybrides a aussi compté pour beaucoup.

C’est également cette année qu’on a pu constater les effets dévastateurs de la compaction, poursuit l’agronome. « Dans les zones compactées, c’était flagrant. Le maïs avait manqué d’eau. Si la terre est compactée, le système racinaire se développe moins bien et il a du mal à subvenir aux besoins en eau de la plante. »

Le Bulletin des agriculteurs a rencontré Christian Couvrette et ses fils en octobre dernier. Un reportage sera publié sous peu dans le magazine.

 

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