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23,5 Tm/ha de maïs, au Québec!

Le producteur Yves Delforge. PHOTO : André Dumont

Le producteur Yves Delforge. PHOTO : André Dumont

Un nouveau record de rendement de maïs-grain a été établi au Québec cet automne : 23,5 Tm/ha. La pesée officielle a eu lieu dans une parcelle de Les Cèdres, dans l’ouest de la Montérégie.

Le producteur, Yves Delforge, est un habitué du Concours de rendement Pioneer. Cette année, il en sera à nouveau le grand champion lors de la soirée prévue en janvier au Salon de l’agriculture.

Dans un champ de Saint-Polycarpe, il a réussi 14,5 Tm/ha, sans appliquer la formule qui lui a permi de fracasser la barre des 20 Tm/ha. Seulement avec ce champ, il a de quoi être grand gagnant, du moins pour sa région.

Près de sa ferme dans la municipale de Les Cèdres, il a dépassé les 21 Tm/ha avec quatre hybrides. Ils ont été irrigués et cultivés sous le même type de couverture flottante qu’utilisent les producteurs de maïs sucré.

« Je ne comprendre pas, dit-il. Cette toile devait seulement me donner 200 UTM de plus, alors qu’on a eu moins d’UTM que d’habitude. L’an dernier, nous avions reçu 200 à 300 UTM de plus et je n’ai pas obtenu de tels résultats. »

En 2013, il avait obtenu 17,1 Tm/ha avec du maïs irrigué au goutte-à-goutte.

En 2014, il a rajouté la couverture flottante. Il soupçonne qu’en conservant une certaine chaleur dans le sol, l’effet ait été supérieur à 300 UTM. Cet effet pourrait aussi varier d’une saison à l’autre.

Fractionner l’azote

Autre modification : il a fractionné son azote selon une courbe audacieuse : 10 % au semis, 30 % en fertigation au stade six à huit feuilles et 60 % encore par irrigation une semaine avant la sortie des croix.

« Le moment de la fertilisation a eu beaucoup d’influence », soupçonne le producteur.

Le maïs aurait pu se priver d’irrigation cette année, mais le goutte-à-goutte a permis de fertiliser avec précision, ajoutant des éléments mineurs comme le zinc, le bore et le manganèse.

La bâche a été retirée une semaine avant la floraison et l’irrigation n’a plus été activée.

Yves Delforge ne souhaite pas s’attribuer tout le mérite de ce record. Il a glané des idées et conseils du représensant de semences Pioneer, Gilbert Marleau, de François Bourdon de Synagri, de Jean-Christophe Hébert de Logiag et de son représentant d’intrants pour la production de légumes.

« J’aime parler avec mes collègues en régie biologique. On apprend des trucs de chaque personne », dit-il.

En 2015, il se promet de suivre le conseil d’un travailleur mexicain à son embauche : semer en direction nord-sud plutôt qu’est-ouest, pour mieux capter le soleil.

Trois des quatre hybrides étaient de Pioneer, un de Dekalb. Du coup, Yves Delforge obtient aussi le plus haut rendement avec un hybride Dekalb au Québec en 2014.

Les populations avaient été poussées à 42 000 plants à l’acre. Les épis se sont bien remplis.

Une telle régie pourrait-elle être rentable lorsqu’on compare les revenus et les dépenses à l’hectare? Tout à fait, croit Yves Delforge. « Il y a des frais encourus, mais pour obtenir le double d’un rendement typique, ça vaut la peine. »

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