400 millions de plus pour l’agriculture de l’Ouest : opinion de l’UPA

Longueuil (Québec), le 25 février 2000 – « À peine les ministres de l’Agriculture du pays s’étaient-ils entendus il y a quelques semaines pour jeter les bases d’un nouveau cadre national concernant la protection du revenu agricole que le gouvernement fédéral vient jeter un pavé dans la mare et nous ramener loin en arrière, à la belle époque des programmes au cas par cas où il nous fallait monter au front pour obtenir la part qui nous était dévolue ».







« Logiquement, de faire remarquer M. Pellerin, l’annonce d’hier devrait s’appliquer indistinctement à tous les producteurs concernés par les coupures de 1995. »


Telle est la première réaction qu’a exprimée aujourd’hui le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, réagissant vivement à l’annonce d’hier, par le gouvernement fédéral, d’une aide agricole supplémentaire de 400 millions destinée exclusivement au Manitoba et à la Saskatchewan. Pour le président de l’UPA, il s’agit d’un déplorable « retour en arrière ».

« Nous sommes solidaires de nos confrères du Manitoba et de la Saskatchewan et nous reconnaissons l’urgence du mal qu’il faut soigner, de dire M. Pellerin, mais c’est le remède et la façon de l’administrer qui ne passent pas. Nous travaillons depuis des années à l’établissement de programmes nationaux fondés sur des critères universels d’attribution, et voilà que le fédéral déterre la vieille formule des interventions ad hoc, on revient à l’inéquitable cas par cas ».

Alors que le gouvernement abolissait le Nid-de-corbeau dans l’Ouest, en 1995, un des prétextes qu’il invoque pour justifier son annonce d’hier, il faisait de même avec le programme de transport des céréales dans l’Est, pénalisant du coup nombre de producteurs québécois situés hors des grands centres. « Qu’y a-t-il pour eux, aujourd’hui dans cette annonce, d’interroger le président de l’UPA? La mesure n’apporte rien non plus aux producteurs de mais québécois, qui ont vu chûter dramatiquement le prix de cette céréale, le prix à la tonne étant passé de 211 $ il y a cinq ans à près de 115 $ aujourd’hui ».

« Logiquement, de faire remarquer M. Pellerin, l’annonce d’hier devrait s’appliquer indistinctement à tous les producteurs concernés par les coupures de 1995. La crise, poursuit-il, frappe partout, et pas seulement dans les céréales, elle fait fi des frontières et du type de production, voilà pourquoi l’équité de traitement s’impose pour l’ensemble des producteurs, d’où qu’ils soient au pays et quelle que soit leur production ».

Ce genre d’intervention ad hoc se justifie d’autant plus difficilement par ailleurs que, devant l’OMC, le Canada dispose de toute la marge de manoeuvre qu’il faut pour instaurer un programme compétitif de sécurité du revenu. « Si le gouvernement fédéral avait su écouter les revendications du monde agricole canadien et mis sur pied un tel programme national, de souligner M. Pellerin, nous n’en serions pas là aujourd’hui à administrer des pilules difficiles à avaler chaque fois que la conjoncture tourne mal et à être le parent pauvre du soutien à notre agriculture sur la scène mondiale, au détriment de notre compétitivité ».

« Au fédéral, a tenu à rappeler le président de l’UPA, le soutien au secteur agroalimentaire a été réduit de moitié au cours de l’actuelle décennie, passant de 4,4 milliards il y a sept ans à 2,3 milliards aujourd’hui. Pourquoi alors le Canada aurait-il à rougir d’aider davantage son agriculture? L’Union européenne le fait à hauteur de 381$ par habitant, les Etats-Unis 363$, le Canada seulement 140 $, indiquent les chiffres de l’OCDE. Tant qu’il en sera ainsi, il faudra toujours élaborer des solutions en catastrophe. Des solutions qui minent l’équilibre compétitif aussi bien entre les régions du pays que sur la scène internationale », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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