Fils de producteur de porcs, Mathieu Deslandes a démarré sa propre entreprise porcine en 2004, la Ferme Mathieu Deslandes. Il y a une dizaine d’années, il s’est mis à rêver de devenir éleveur de poulets grâce à l’octroi de quota prêté à vie par les Éleveurs de volaille du Québec par son programme d’aide au démarrage.
La mise sur pause de ce programme a amené Mathieu Deslandes à modifier son projet puisqu’il devait maintenant acheter le quota s’il voulait démarrer sans attendre le retour éventuel du programme. Plutôt que de construire un poulailler neuf, il a choisi de transformer une ancienne porcherie, vide depuis sept ou huit ans.
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En mai 2023, Mathieu Deslandes et sa conjointe Nancy Bélanger ont pu démarrer leur premier lot de poulets. La force de ce couple a été de s’entourer de plusieurs personnes.
Sébastien Charest, directeur des services techniques chez Couvoir Boire, a fait partie du projet depuis le début. Il a aidé Mathieu à monter son plan d’affaires. Il l’a aidé à apprendre la production. Même chose pour les gens de la meunerie Agri-Marché et de l’équipementier Jolco.
Nécessité d’accompagnement
Mathieu Deslandes recommande à toute personne qui souhaite démarrer dans l’élevage de volaille d’aller chercher l’appui de ces entreprises du milieu. « Ils ont des techniciens qui travaillent à longueur de semaine là-dedans », dit-il. Selon lui, c’est le point majeur à considérer.
C’est aussi la première recommandation de Sébastien Charest à toute personne souhaitant se lancer en élevage de volaille. « Les gens ont des documents à compléter et ça doit être basé sur des plans d’affaires solides », dit-il. Tout doit être évalué : rénovations, achat d’équipements, démarrages. L’évaluation de la production doit être réaliste. Son rôle, dit-il, « c’est de respecter ses objectifs, de respecter sa vision et d’identifier avec lui la voie à suivre pour s’implanter, mais réussir en aviculture. » Il n’est pas le seul au Québec à offrir un tel accompagnement, que ce soit au niveau des couvoiriers, des meuneries, des ingénieurs ou encore les équipementiers.

Il salue l’effort de Mathieu pour économiser en rénovant un bâtiment existant et le temps donné pour réaliser leur projet, ce qui a permis au couple de respecter leurs objectifs et prévisions budgétaires.
Sébastien Charest recommande aussi de s’informer sur les mécanismes des Éleveurs de volaille qui facilitent la mise en production, notamment par la location de quotas.
Un nouveau programme d’aide au démarrage vient d’être lancé par les Éleveurs de volaille dont les détails sont disponibles sur leur site Web. À 41 ans, Mathieu Deslandes ne peut plus y participer. De toute façon, en tant que propriétaire de quota, il ne pourrait plus présenter de projet. Lui et sa conjointe sont néanmoins très fiers de ce qu’ils ont accompli et d’avoir su relever le défi par eux-mêmes. Le projet leur apporte de la stabilité et de la diversité des sources de revenus.
*Cet article de Marie-Josée Parent est une version tirée et adaptée du magazine Le Bulletin des agriculteurs, édition novembre 2025.
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