Agir sur la fusariose

PHOTO : CÉROM

La fusariose dans les petites céréales, c’est avant tout une question de météo au moment de la floraison. D’accord. Il existe néanmoins de nombreux éléments de régie qui peuvent contribuer à prévenir ou atténuer le développement de toxines et éviter les frustrations liées au déclassement.

Semer tôt, choisir des cultivars résistants et utiliser des fongicides judicieusement peuvent grandement aider. Dans cet article, nous explorons trois autres aspects tout aussi importants, mais bien moins simples à maîtriser qu’on a tendance à le croire : les rotations, la récolte et l’entreposage.

Rotations et travail de sol
Le fusarium loge à la surface du sol, dans les débris de plantes hôtes. Plusieurs études ont démontré que l’incidence de la fusariose est moins importante lorsque la céréale est semée sur un précédent cultural qui ne peut servir d’hôte, comme la luzerne, le trèfle, le canola, le soya, le lin, les pois ou la betterave.

Les retours de maïs sont à éviter, tout comme le blé en continu. Le retour de prairie est idéal, encore faut-il être éleveur bovin. Semer du blé sur un précédent de canola est aussi une bonne idée, à condition d’attendre cinq ans avant de revenir en canola, pour prévenir l’hernie des crucifères.

« On peut privilégier un retour de soya, mais cela n’est pas possible dans toutes les régions, souligne l’agronome Nathalie Simard, du Club-conseil Pro-Vert, au Lac-Saint-Jean. Si l’on souhaite cultiver plusieurs céréales de suite, on y va dans l’ordre de sensibilité, avec d’abord le blé, puis l’orge et ensuite l’avoine. »

On sait maintenant que les spores de fusarium n’atteignent pas seulement les céréales par éclaboussures lors des pluies. Le vent y est pour beaucoup, affirme Elisabeth Vachon, agronome aux Moulins de Soulanges. « Il y a énormément de spores qui voyagent par l’air, dit-elle. Elles passent d’un champ à l’autre, souvent sur de longues distances. »

Quelle direction empruntent les vents dans votre région, en plein juillet? Ce pourrait être utile de le savoir, pour éviter de semer du blé juste à côté d’un retour de maïs… ou de blé!

Puisque la banque d’inoculum de fusarium se trouve dans les résidus de culture, le travail du sol a aussi un impact sur l’incidence de la fusariose. Si l’on prévoit semer sur un retour d’une culture hôte, le labour est à privilégier, afin d’enfouir les résidus. En travail de sol réduit, les études démontrent que les niveaux de toxines sont généralement plus élevés. Plusieurs producteurs en semis direct réussissent malgré tout à produire du blé de bonne qualité, en s’en tenant à des rotations bien planifiées.

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