Agri-Fusion cultive bio et moissonne des dollars

Gilles Audette, un des quatre fondateurs d’Agri-Fusion, ne regrette pas d’avoir fait le virage bio au début des années 2000. À 67 ans, l’entrepreneur carbure toujours à l’agriculture biologique pratiquée sur 2200 ha. « On ne pense pas en terme de rendement en Tm/ha, mais en dollars/ha », dit-il.

Les rendements de maïs bio obtenus chez Agri-Fusion sont par exemple 80 % de ceux obtenus dans le maïs conventionnel. Mais qu’est-ce qui est le plus payant, récolter 12 Tm/ha de maïs conventionnel à 200,00 $/Tm ou 9,1 Tm de maïs bio à 525,00 $/Tm? demande-t-il. « On touche le double dans le bio soit 4 800,00 $/ha versus 2400,00 $/ha dans le conventionnel ».

L’écart est en encore plus grand dans la culture de soya où, à 3,1 Tm/ha, il n’y a pas de différence de rendement entre le bio et le conventionnel, estime Gilles Audette. Mais le soya bio commande un prix de 1100,00 $/Tm versus 450,00 $/Tm pour du soya conventionnel, ce qui représente un gain de 3410,10 $/ha pour le bio et de 1395,00 $/ha.

Les grandes cultures biologiques coûtent aussi moins cher à produire. « On économise près de 1,5 million $ par année en semences OGM, en engrais et en pesticides ». Mais attention, d’ajouter le producteur, dans le bio il n’y a pas de place à l’erreur!

Il faut d’abord avoir des terres bien nivelées et bien drâinées. Et il faut apprendre à combattre l’ennemi numéro un du bio, les mauvaises herbes! « Les Américains ont oublié le désherbage mécanique et ne jurent que par les OGM et le Roundup. On s’est tourné vers les Européens pour obtenir de la machinerie ». Il faut aussi gérer l’apport d’azote et éviter la compaction provoquée par les nombreux passages de machineries. Mais le copropriétaire de la PME du bio québécois assure que le jeu en vaut la chandelle.

Pour en savoir plus, lire l’article publié dans l’édition du Bulletin des agriculteurs d’avril 2016.

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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