ALÉNA: La gestion de l’offre revient sur la table

À la quatrième ronde de négociations sur l’ALÉNA qui a cours présentement aux États-Unis, les négociateurs américains y sont allés d’une nouvelle demande, soit la fin du système de la gestion de l’offre sur dix ans. La gestion de l’offre régit la production de lait, de poulets, de dindons, d’œufs de consommation et d’œufs d’incubation.

La réaction de la part des représentants des gouvernements canadien et québécois ne se sont pas fait attendre. Le ministre de l’Agriculture, Lawrence MacCaulay, a indiqué que « Nous avons un excellent système en place et notre gouvernement va se battre pour le garder (…) n’accepterons aucune proposition qui ne va pas dans ce sens.»

Le ministre au MAPAQ, Laurent Lessard a émis un commentaire sur Twitter. « Suite à la demande américaine, gestion de l’offre n’est pas négociable et nous n’accepterons pas sa remise en question. »

Marcel Groleau, président de l’UPA a indiqué sur plusieurs tribunes publiques que la proposition des Américains était « inacceptable ». Il a indiqué ne pas être surpris de cette nouvelle demande qui survient après le souhait de voir plus de transparence de la part du Canada sur les classes de lait, dont le lait diafiltré.

Les Producteurs de lait du Québec ont émis un communiqué de presse. « Cette proposition est totalement inacceptable! Elle s’ajoute à la série de demandes exagérées des Américains dans d’autres secteurs de la négociation. Nous continuons d’appuyer le gouvernement canadien et québécois pour qu’ils maintiennent intégralement la gestion de l’offre et nous apprécions la fermeté avec laquelle ils ont rejeté cette demande », a déclaré le président Bruno Letendre.

La volonté des Américains de négocier de bonne foi l’accord de libre-échange est remis en doute depuis plusieurs jours, en raison de la position intransigeante des États-Unis et de leurs demandes jugées exagérées, voire grotesques. D’autres secteurs économiques sont visés par des demandes de ce genre, tel que l’automobile. Les États-Unis souhaitent aussi éliminer les systèmes d’exécution de l’ALÉNA, comme le mécanisme de règlement des différends. Ils veulent aussi restreindre considérablement l’accès d’autres pays aux contrats des services publics américains par le « Buy American Act». Une autre clause est aussi réclamée, clause dite « crépusculaire » qui mettrait fin à l’ALÉNA après cinq ans, à moins que toutes les parties s’entendent pour prolonger l’entente.

Il semble que la possibilité de voir une entente négocié avant 2018 s’estompe de plus en plus, de même que la reconduction de l’ALÉNA. Plusieurs analystes s’interrogent même sur la volonté de l’administration américaine d’en venir à une entente. Le président Trump lui-même a déclaré à plusieurs reprises qu’il préférait des ententes bilatérales que multilatérales. Une de ses premières actions à la Maison Blanche a été de résilier l’accord Transpacifique signé par l’administration précédente.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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