Alerte au criquet pélerin déclenchée dans le sud-ouest algérien

Alger (Algérie), 3 mars 2004 – Des essaims de criquets pèlerins ont fait leur apparition dans le sud-ouest algérien, menacé par une « invasion » de ces insectes dévastateurs pour les cultures.

L’alerte a été donnée, la semaine dernière, par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) qui avertissait déjà que « la menace des criquets pèlerins dans l’Afrique du nord s’accroît et pourrait se transformer en fléau » ce qui n’a pas tardé à être confirmé par les services du ministère algérien de l’Agriculture.

L’Institut algérien de la protection des végétaux (INPV) a fait savoir que « l’Algérie est actuellement sous la menace d’une invasion par le criquet pèlerin ». En provenance de Mauritanie, où le fléau a été « insuffisamment pris en charge », selon le communiqué de l’INPV, le criquet pèlerin affecte particulièrement la région sud-ouest du pays.

Une invasion qui suscite l’inquiétude des responsables locaux et régionaux dont les principaux acteurs de la lutte antiacridienne des wilayas (départements) d’Adrar, de Tindouf, de Naâma, d’El Bayadh et d’Illizi se sont réunis, cette semaine, pour décider de la conduite à tenir.

Cette réunion se voulait une journée d’information et de sensibilisation sur le danger que représente pour l’agriculture le criquet pèlerin qui ne laisse rien derrière lui. Couvrant le ciel tel un nuage, ces vagues successives d’essaims, qui peuvent s’étendre sur plusieurs centaines d’hectares, menacent tous les champs de culture se trouvant à leur portée, cibles privilégiées des insectes voraces.

Des fronts antiacridiens mis en place par les services agricoles de la wilaya qui travaillent d’arrache-pied ont été renforcés par des équipes mobiles, dont la base de commandement et de coordination entre différents services est implantée à la ville d’Abadla (80 km au sud de Béchar), centre névralgique pour le contrôle du déplacement des populations acridiennes sur tout l’espace du Sud-Ouest.

Aujourd’hui, l’Algérie s’est doté de moyens efficaces et performants pour engager une lutte à cet insecte nuisible qui cause des ravages incommensurables à l’agriculture. Mais elle n’a pas encore résolu la question de l’aide aux quatre pays du Sahel dépourvus de moyens de lutte contre le parasite (Tchad, Niger, Mali et Mauritanie), foyers et réservoirs à partir desquels se répandent et se dirigent ces essaims de criquets qui infestent les régions du Sahara central en remontant vers le nord de l’Algérie.

Malgré le renforcement du dispositif de lutte antiacridienne et l’acheminement par l’Algérie vers la Mauritanie depuis septembre 2003 de neuf véhicules, 10.000 litres de pesticides, la menace potentielle demeure encore présente. Des équipes mixtes algéro-mauritaniennes sont à l’oeuvre depuis plusieurs mois et ont pu traiter plus de 270.000 ha, ce qui ne représente que 40 % des surfaces agricoles.

Pour l’heure aucun dégât n’a, jusqu’ici, été signalé, mais des dommages imminents sont à craindre s’il y a faille dans le dispositif de surveillance étroite de lutte antiacridienne.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

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