Algues bleues : la ministre Beauchamp tire sur Greenpeace et rate l’agriculture

Montréal (Québec), 31 août 2007 – Greenpeace est étonnée de constater,à la lecture du quotidien Le Devoir de ce matin, que la ministre del’Environnement Line Beauchamp répond directement au courrier… du premierministre Jean Charest! En effet, la lettre de Greenpeace qui provoque cetteréplique de madame Beauchamp a été adressée au premier ministre afin de luireprocher son attentisme au sujet des algues bleues. Parcette missive, madame Beauchamp confirme donc qu’en plus de servir « àcamoufler le silence et l’inaction du ministre de l’Agriculture, LaurentLessard », elle protège aussi l’attentisme de Jean Charest. « On applaudirasûrement sa promotion lors du prochain remaniement ministériel », prédit EricDarier, responsable de la campagne Agriculture de Greenpeace.

« Ce qui est certainement plus préoccupant pour les Québécois ce matin, est d’observer la ministre Beauchamp se lancer dans une campagne de désinformation, en mode panique, au lieu de régler le problème des algues bleues et des excédents de phosphore provenant de l’agriculture », confie Eric Darier.

Contrairement à ce que prétend la ministre Beauchamp, les faits avancéspar Greenpeace ne se basent pas sur de « vieilles données », mais aussi… surla même étude que mentionne la ministre, soit celle de 2005! D’ailleurs, cetteétude de 2005 est basée sur des données obtenues entre 2001 et 2003, année del’arrivée des Libéraux au pouvoir! Greenpeace invite donc madame Beauchamp àrelire la page vii de cette étude réalisée par son propre ministère quiconclut que « les concentrations de phosphore total sont, dans la majorité desrivières (15 sur 27), plus élevées que le critère pour la prévention del’eutrophisation fixé à 0,03 mg/l. Dans certaines rivières, la concentrationde phosphore total est de deux à six fois supérieure au critère ». En somme, legouvernement Charest connaissait donc en 2005 la gravité de la situation.

Il est malheureux de constater que Québec refuse l’évidence contenue dansde nombreux rapports, y compris ceux qui émanent du ministère del’Environnement, c’est-à-dire que l’Agriculture représente, dans certainsbassins versants la source principale des excédents de phosphore.

Non, Greenpeace ne « stigmatise » pas l’agriculture. Et Greenpeace n’ajamais dit que l’agriculture était la seule cause, invoquant d’ailleurs lesnombreuses autres causes dans la plupart de ses communications au sujet desalgues bleues. Greenpeace conteste surtout, dans ce dossier, l’épandage delisier et l’agriculture porcine. Mais, manifestement, madame Beauchamp semblemieux lire sur les lèvres du président de l’UPA Laurent Pellerin que dans lescommuniqués des groupes écologistes.

De plus, madame Beauchamp ne semble pas saisir que le problème des alguesbleues ne se situe pas dans la volonté et l’enthousiasme de nombreux citoyens,municipalités et agriculteurs, mais plutôt dans le manque de leadership dugouvernement qui a laissé pourrir la situation alors qu’il connaissait depuisdes années ces faits que nous avons portés à la connaissance du public!

Selon Greenpeace, le plus stupéfiant est ce que la ministre Beauchamppasse sous silence. En effet, la ministre de l’Environnement a perdu une belleoccasion de fournir des réponses aux questions que nous formulions au premierministre Jean Charest concernant le « rendez-vous stratégique » de la finseptembre auquel il entend participer. Quel sera l’ordre du jour, l’agenda?Quelles seront les dates précises? Quelles seront les propositions concrètespour réduire la source principale des excédents de phosphore qui proviennentd’activités agricoles? Est-ce que l’entente de décembre 2006 entre legouvernement libéral et l’UPA, qui exempte le secteur agricole de toutenouvelle mesure environnementale jusqu’en 2010, tient toujours? Toujours rien.Pas de détails. Le néant…

« Espèrons que l’absence de réponse de la part de la ministre à cesquestions simples n’indique pas un blocage politique du dossier des alguesbleues pour faire plaisir à l’UPA » de conclure Eric Darier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Ministère Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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