Après le gel, la sécheresse commence à préoccuper les agriculteurs français

Paris (France), 17 juin 2003 – Le début de la sécheresse en France commence à préoccuper les organisations agricoles qui n’ont pas encore fini de régler le dossier de l’indemnisation des agriculteurs touchés par le gel.

« Sans eau, les agriculteurs risquent gros. Après le gel du mois dernier, la sécheresse touche aujourd’hui la majeure partie des régions françaises », affirme la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le principal syndicat.

Les zones les plus touchées sont le Centre, la Bourgogne, le Limousin, le Tarn-et-Garonne, le Lot et l’Eure-et-Loir, qui sont tous sous la surveillance du ministère de l’Agriculture. Ainsi les prélèvements d’eau dans plusieurs bassins du Tarn-et-Garonne ont été interdits ou sévèrement limités par la préfecture depuis mardi, à la fois pour les agriculteurs et les particuliers.

Le Lot-et-Garonne a été en outre affecté par la grêle le 4 juin puis par un orage sur l’Agenais lundi.

Pour la FNSEA, « les exploitations agricoles sont durement touchées, que ce soit au niveau de la croissance des plantes ou du manque de fourrage pour les animaux ».

Plutôt que de réclamer un « impôt sécheresse » comme après la grande canicule de l’été 1976 – qui lui avait été durablement reproché par les citadins malgré le fait qu’il ait été remboursé – la FNSEA entend « mettre en place, dans les meilleurs délais, un plan national fondé sur la solidarité entre tous les paysans » après avoir « recensé l’ensemble des besoins en fourrage dans les régions les plus sinistrées ».

La FNSEA appelle les pouvoirs publics à autoriser au plus vite l’utilisation de la végétation qui recouvre les jachères pour alimenter le bétail dans les départements affectés par la sécheresse.

« La sécheresse, parce qu’elle touche toutes les productions et des étendues beaucoup plus grandes, est beaucoup plus coûteuse que le gel et les inondations », déclare à l’AFP Jean-Michel Delmas, membre du conseil d’administration de la FNSEA, chargé du dossier calamités.

Gros consommateur d’eau, le maïs, qui en est seulement au début de la campagne d’irrigation, a très bien supporté la chaleur de la première quinzaine de juin. « Il n’y a rien d’irrémédiable » affirme Jean-Paul Renoux, chargé du maïs à l’Institut du végétal (ARVALIS).

En revanche, les producteurs de blé, d’orge et les éleveurs souffrent beaucoup plus du phénomène alors que déjà les cultures céréalières et herbagères avaient dû subir des gels intenses cet hiver.

Le gel a déjà occasionné une perte de 240 millions d’euros, notamment en Rhône-Alpes, Val de Loire, Région parisienne et en Alsace-Lorraine (pour la mirabelle), selon la Fédération nationale des producteurs de fruits.

Mécontentes des décisions de la Commission nationale des calamités agricoles du 3 juin sur le montant des remboursements, les organisations professionnelles ont décidé de saisir le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard dès que celui-ci sera rentré de Luxembourg où est discutée la réforme de la politique agricole commune (PAC). Une réforme qui risque de mécontenter nombre d’agriculteurs encore plus que la sécheresse.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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