Audiences du BAPE à Rimouski : les citoyens ne font pas confiance aux normes actuelles

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 6 décembre 2002 – Une trentaine de personnes de l’Union paysanne et de groupes citoyens sont venues questionner les représentants des Ministères de l’Agriculture, de l’Environnement, des Affaires municipales, de la Santé et de la Financière, dans le cadre de la tournée d’information du Bureau d’audiences publiques sur l’industrie porcine.

Ils ont questionné la gestion liquide des fumiers de porcs et les normes actuelles basées sur des plans de fertilisation gérés et contrôlés par des agronomes payés par les producteurs. Ils jugent ces normes et ces procédés incapables de garantir que la multiplication des porcheries industrielles dans le Bas-St-Laurent, une région de littoral et de rivières à saumons, n’aura pas des effets désastreux sur les cours d’eau, les puits d’eau potable, la conservation des sols, le prix des terres et le développement touristique. Ils déplorent également l’absence de pouvoirs locaux réels pour contrer les projets indésirables.

On a appris qu’au moment du moratoire, 25 projets de porcheries industrielles étaient en attente au Bas-St-Laurent. On a appris également que le nouveau règlement sur les exploitations agricoles fait en sorte que les producteurs porcins auront besoin de 3 à 10 fois plus grand de terre pour épandre leur lisier, ce qui exercera une énorme pression sur le prix des terres et les producteurs laitiers. On a souligné que cette escalade était déjà commencée à Cacouna où les coopératives ont acheté et loué des terres à gros prix en vue de projets porcins après le moratoire.

Les responsables des Ministères ont avoué ne pas être en mesure de garantir que le phosphore appliqué sur les terres sera entièrement absorbé par les plantes et ne se retrouvera pas dans l’eau. Près de 8% des 16,000 puits privés analysés cette année par le Ministère de l’Environnement contenaient des bactéries E.Coli. Ils ont avoué également qu’ils n’étaient pas en mesure d’évaluer les coûts sociaux et environnementaux des pratiques actuelles.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

http://www.bape.gouv.qc.ca/

Union Paysanne

http://www.unionpaysanne.com/

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