Autochtones et agriculteurs veulent plus de lumière sur la mine d’Oka

Kanesatake (Québec), 20 mars 2002 – Le grand chef par intérim de la communauté mohawk de Kanesatake et un représentant de l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont uni leurs voix pour demander la tenue d’une enquête pour cerner les impacts sur l’environnement, la santé et l’agriculture du projet d’exploitation d’une mine de niobium à Oka de la société Niocan.

Le porte-parole d’un groupe d’agriculteurs et porte-parole de l’UPA, Judes Lavigne, a invité le ministre de l’Agriculture, Maxime Arseneau à se manifester.

« Monsieur le ministre de l’Agriculture, M. Arsenault, où êtes-vous? » , a-t-il dit.

« Le projet va affecter la zone agricole et on ne sait pas jusqu’à quel point », a-t-il ajouté.

M. Lavigne se demande comment vont réagir les consommateurs à l’égard de ses pommes et autres produits agricoles quand ils vont savoir qu’il y a un site minier dans les parages.

« Un site minier comme celui-là, c’est de l’industrie lourde, on ne peut pas s’en cacher », a déploré l’agriculteur.

Il s’est dit également inquiet de l’approvisionnement en eau surtout qu’une mine précédente, il y a 30 ans, a coûté cher aux résidents d’Oka qui ont dû investir 2,5 millions pour un nouvel aqueduc.

Les activités minières ont asséché les puits et une compagnie d’embouteillage d’eau minérale a dû presque cesser ses activités, a raconé M. Lavigne.

C’est ce qui l’incite, entre autres, à poser des questions et à chercher à obtenir des réponses des autorités responsables avant que le feu vert soit donné à Niocan.

L’opposition du chef mohawk, Steven Bonspille, tient pour une bonne part au sort qui est réservé à sa communauté dans tout ce débat. Il aimerait faire partie de la discussion. A cet effet, le ministre Guy Chevrette lui avait promis de lui accoder des fonds pour mener des études afin d’avoir droit au chapitre. L’argent n’est pas venu et le ministre de l’Environnement André Boisclair refuse de les rencontrer pour en discuter.

M. Bonspille tient d’autant plus à en savoir plus long sur le projet d’exploitation de Niocan qu’il a apprit récemment l’existence d’une étude, faite en 1998, établissant que 300 résidences d’Oka sont exposées à des niveaux très élevés de radon, au point où le risque pour la santé commandait une intervention immédiate.

« Ce qui nous inquiète c’est qu’il y a dans ses résidus miniers, Oka est un secteur à forte teneur de radon, au plan de la santé cela nous inquiète. »

Le chef mohawk veut éviter que l’exploitation d’une nouvelle mine vienne ajouter à ce problème non réglé.

Au ministre Boisclair, le leader autochtone a reproché de parler abondamment de Kanesatake avec les médias, de se dire prêt à renconter les dirigeants, sans toutefois jamais passer à l’acte.

« Il ne nous parle pas », a-t-il affirmé.

Une assemblée publique doit réunir le 28 mars les gens de la communauté de Kanesatake. Il y sera question des moyens à prendre pour se faire entendre.

« Je ne suis pas un partisan de la confrontation mais nous allons voir avec le conseil et la communauté, dépendant ce qui va arriver d’ici là prendre des moyens pour faire bouger les choses, de façon pacifique », a assuré le chef autochtone.

La société Niocan projette d’exploiter sur 147 hectares une mine de niobium dans le secteur où la St-Lawrence Columbium a déjà exploité une mine, rang Sainte-Sophie, à deux kilomètres de la trappe d’Oka.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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