Avantage semis direct

Vous pesez toujours le pour et le contre entre le semis direct et le travail de sol conventionnel? Les conditions pluvieuses qui ont retardé les semis ce printemps pourraient vous faire voir les choses autrement.

Ceux qui pratiquent le semis direct depuis longtemps en ont tiré de grands bénéfices ce printemps, ne serait-ce que d’un point de vue logistique. « Quand les champs (en travail de sol conventionnel) sont prêts à être travaillés au vibro, les miens sont prêts à semer. Je n’ai pas de terrain à préparer », confiait le producteur de Saint-Marc-sur-le-Richelieu, Henri Loiselle, à la mi-mai.

Ce printemps, Henri Loiselle a pu profiter de toute la durée des fenêtres de temps sec pour semer. S’il avait été en conventionnel, il aurait eu à laisser la terre sécher encore un peu entre les passages de préparation du lit de semence avant de se mettre à semer.

Certains diront qu’un champ en semis direct se réchauffe moins vite, en raison de la présence de résidus. C’est surtout vrai quand c’est la première année qu’un champ n’est pas labouré, ou que la transition vers le semis direct n’a pas été bien préparée, dit l’agronome du MAPAQ, Odette Ménard, spécialiste de la conservation des sols.

L’infiltration de l’eau dans un champ mal préparé au semis direct sera lente et le sol restera frais, reconnaît Odette Ménard. À l’inverse, l’infiltration sera bien meilleure dans un champ en semis direct depuis plusieurs années.

« Chez des producteurs en semis direct depuis 15 ans, ce printemps, l’accès au champ était beaucoup plus rapide que chez leurs voisins en travail de sol conventionnel, rapporte l’agronome du MAPAQ. Trois heures après une (faible) pluie, ils rentraient au champ pour semer. »

Non seulement la percolation dans champ en semis direct est-elle améliorée, avec le temps, le sol peut mieux supporter le poids des équipements. Il n’en demeure pas moins que peu importe le type de travail du sol, un champ détrempé doit d’abord bien s’assécher, sinon les risques de compaction excessive sont élevés.

La présence de résidus de culture s’avère un avantage quand les pluies sont fréquentes au printemps, fait valoir Odette Ménard. « En régie conventionnelle, la pluie battante frappe le sol et crée une croûte. Si le lit de semence a déjà été préparé, on doit le recommencer. En semis direct, la pluie glisse sur les résidus et entre doucement dans le sol. »

Puisqu’un lit de semence bien préparé peut être ruiné par une averse, rien ne sert de préparer trop de terrain quand de la pluie est annoncée. Mais si cette pluie est reportée, celui en semis direct continue à semer!

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