Bilan mitigé pour les producteurs de lait du Québec

Réunis en assemblée spéciale, les Producteurs de lait du Québec ont pris connaissance de l’évolution du secteur dans la dernière année, ce qui a permis de mettre en relief plusieurs des enjeux auxquels font face les producteurs.

L’attrait pour certains produits laitiers ne se dément pas. De novembre 2015 à octobre 2016, les ventes canadiennes au détail de crème ont connu une hausse de 4,2 %, de 3,4 % pour le yogourt et de 3,1% pour la crème glacée. Pour la même période, les ventes de beurre ont connu une hausse de 2,5 %, alors que les ventes de fromages ont connu une augmentation de 5,1 %. La consommation de lait poursuit toutefois sa glissade avec un recul 1,2 % des ventes de lait de consommation dans la dernière année.

Le quota de production de lait a été haussé de 8 % de décembre 2015 à novembre 2016. Cette hausse vise à satisfaire la croissance courante des ventes, ainsi qu’à reconstruire les stocks de beurre. L’épuisement des stocks de beurre s’explique par le fait que, depuis 2013, la consommation de beurre, de fromage et de la crème est en hausse à un niveau sans précédent.

Le prix du lait à la ferme a toutefois reculé dans la dernière année. Le prix moyen en 2015-2016 était de 70,58 $/hl comparativement à 72,94 $/hl en 2014-2015. Bonne nouvelle, les derniers chiffres indiquent un redressement à 72,04 $ en octobre 2016. Ces bas prix sont attribuables en partie à la fabrication du beurre qui est une des classes les moins payantes pour les producteurs puisque seulement la matière grasse est valorisée. Les solides non gras se retrouvent inutilisé par les transformateurs et en conséquent en surplus.

La dernière campagne publicitaire a de son côté connu un vif succès avec un taux de reconnaissance de 95% auprès des Québécois francophones. L’assemblée a d’ailleurs accueilli un des représentants de cette campagne, soit le pilote d’avion Robert Piché.

Des situations préoccupantes

Le président Bruno Letendre a présenté les dossiers les plus préoccupants pour les producteurs. Il dit craindre que la croissance du secteur au Québec ne soit affectée par l’entrée en vigueur imminente de l’Accord économique et commercial global (AECG). Le secteur des fromages fins sera un des plus grands perdants de cet accord commercial selon les PLQ en raison des importations de 17 700 tonnes de fromages européens. Les indemnisations prévues par le fédéral serait nettement insuffisantes : au lieu de 350M$, le secteur aurait besoin plutôt de 750M$ à 1G$ en contrepartie des parts de marchés concédés. Il a aussi pointé du doigt les importations de lait diafiltré et la gestion de ce dossier par le gouvernement fédéral qui serait au fait de la situation depuis trois ans mais n’aurait rien fait pour régler la situation.

Les prix du lait sur les marchés internationaux ont également eu un impact. La poudre de lait écrémé a affiché des records de prix à la baisse à la suite d’une hausse importante des stocks, une tendance qui semble heureusement se résorber.

M.Letendre a également abordé l’élection de Donal Trump à la présidence des États-Unis. Il a qualifié l’élection d’inquiétante tout en ajoutant qu’il n’était pas question de renégocier l’ALENA ou de mettre sur la table la gestion de l’offre.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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