Budget Goodale : trop peu, compte tenu de la situation des agriculteurs

Longueuil (Québec), 24 février 2005 – « Alors qu’Ottawa nage dans les surplus et dépose un budget comportant des nouveaux programmes de 42 milliards de dollars, il nous livre, en agriculture, peu de mesures concrètes et immédiates, un budget difficilement compréhensible dans le contexte financier des agriculteurs québécois et canadiens ».

C’est en ces termes qu’a réagi M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), au budget déposé hier par le ministre des Finances du Canada, M. Ralph Goodale.

Alors que les attentes des agriculteurs étaient élevées et justifiées, notamment dans le dossier de l’ESB, le gouvernement Martin a manqué une belle occasion de satisfaire les demandes des producteurs et du gouvernement du Québec. On se serait attendu à ce qu’Ottawa profite du discours sur le budget pour mettre de l’avant des mesures particulières pour le secteur des animaux de réforme, lequel a été oublié lors de l’annonce de l’automne dernier, ce dernier répondant surtout aux attentes des producteurs de l’Ouest du pays.

Rien non plus pour les producteurs de grandes cultures qui réclament une aide pour compenser les torts causés par les subventions américaines massives dans ce secteur, ce qui a pour effet d’occasionner un effondrement des prix. Les producteurs auraient souhaité voir une modification aux règles des programmes de sécurité du revenu afin de tenir compte de cette situation. Malheureusement, ces dispositions ne sont pas au rendez-vous.

De plus, le ministre des Finances annonce une série de demi-mesures qui laissent les agriculteurs sur leur appétit. Contrairement aux demandes exprimées par l’ensemble des producteurs canadiens, nous avons encore droit à des consultations plutôt qu’à l’élimination immédiate du dépôt obligatoire pour l’accès aux programmes de sécurité du revenu en agriculture. Quant au Programme de paiements anticipés, alors qu’on souhaitait dès 2005 l’inclusion des productions animales et la hausse du plafond, rien n’est signalé pour l’année en cours.

Le Programme visant à accélérer l’expansion de la capacité d’abattage est majoré de 17,1 M$ et totalisera 55,6 M$. On pourrait y voir là la bonne volonté d’Ottawa, dans l’optique où les sommes annoncées permettront aux agriculteurs investissant dans la transformation d’accéder à des capitaux, alors même que les signaux laissaient présager le contraire à cet égard ces derniers mois.

En terminant, une dernière note, cette fois plus positive pour le ministre Goodale. « Les coopératives agricoles auront finalement été entendues. En effet, il sera dorénavant permis aux membres d’une coopérative agricole de reporter le paiement de l’impôt sur les ristournes jusqu’à ce qu’ils disposent de ces dernières. C’est là une reconnaissance par le gouvernement fédéral de la nécessité pour les agriculteurs et agricultrices de s’approprier leur agriculture et leur réseau de commercialisation. Souhaitons qu’Ottawa poursuive en ce sens », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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